Utopie du style voltairien

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1647 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 11 avril 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Français - Ecriture d’invention

Au pays de Cer

Mon cher Néminis,

Je souhaite te prévenir, ce que je vais te conter ici te semblera fort étonnant. Il y a quelques jours de cela, je me promenais sur la montagne Berg. Lorsque j’eu enfin accédé à son sommet, j’observai la vaste vallée qui la contournait, notre royaume. Le constat fur fort accablant, partout, je ne vis que désolation etmisère. Je regardai alors vers le ciel, qui me sembla si beau et si pur.
J’étais au bout de mes forces, affligé, quand tout à coup je me sentis m’élever. Je ne pourrais te relater avec précision ce qui s’ensuivit. Tout ce dont je me rappelle est l’étrange impression d’être porté par un nuage qui me guida à travers les airs. Après quelques minutes ainsi passées dans un sentiment d’apesanteur, le nuages’arrêta enfin devant un mur d’une centaine de mètres de haut, qui entourait une ville dont la taille semblait proportionnelle à la hauteur du mur. Mais autour tout ressemblait à notre pays, tout n’était que grisaille et dénuement.
Au bout de quelques secondes, un portail, qui fut le plus colossal qu’on ait jamais vu, s’ouvrit. C’est alors que la plus magnifique des villes s’offrit à ma vue. Toutétait splendide. Les maisons ne s‘élevaient point jusqu’aux cieux, comme celles que l’on peut voir chez nous. Cela n’empêchait pas qu’elles soient d’une splendeur remarquable. Tout paraissait avoir été étudié jusque dans les moindres détails. Il n’y avait pas une maison semblable à l’autre, il en allait de même des habitants de cette impressionnante ville. Chacun était unique, et de cettevariété naissait une certaine harmonie.
Je n’avais passé que quelques instants à m’émerveiller devant ce paysage enchantant, quand un homme se présenta devant moi, un homme que l’on ne saurait décrire avec précision, mais qui semblait plein de sagesse. On me dit que c’était le souverain de ce pays, pourtant il me serra la main, me sourit, et enfin m’accueillit chaleureusement dans son royaume.Remarquant mon étonnement, il me dit «Voyiez-vous, mon ami, bien qu’ils me nomment Sa Majesté, je n’ai pas pour habitude de mépriser mes sujets, et encore moins les étrangers. D’ailleurs c’est ma personne même qui leur est assujettie. En effet, en tant que souverain, je me dois de servir ces hommes, ces femmes, ces enfants, et de les contenter. Ce qui rend ce pays de Cer si beau, si majestueux, siharmonieux, c’est ce principe de liberté, d’égalité, et de fraternité. »
Ensuite, il me proposa de me faire visiter la ville en me racontant son histoire. J’aperçus d’abord que certains bâtiments que l’on observait à la périphérie de la ville se distinguaient par leur taille ; on me dit que les quelques institutions du royaume s’y trouvaient, comme le gouvernement et la Cour. Leur situation excentréemontrait que leur importance était limitée. Ce que je remarquai ensuite, fut l’absence de complexes de logements économiques. Le souverain m’expliqua qu’il y a fort longtemps, quand son pays était encore un état corrompu par la soif du pouvoir et l’absence de valeurs, de tels ensembles existaient. Mais un jour un souverain nommé Thoupeuhtilbo prit le pouvoir. Sa taille était moins que moyenne, maissa vertu était la plus grande qu’on eut vue. Il décida de passer au karcher ces horribles logements afin de rendre son royaume plus beau, et de fournir un habitat plus digne à l’ensemble de son peuple. Ces tristes logis furent transformés en agréables et spacieuses maisonnettes, avec de jolis petits jardins, et de mignons petits oiseaux qui venaient y faire leur nid et chanter.
Tous leshabitants de Cer furent en mesure d’acquérir ces charmants logis pour la simple raison qu’ils avaient décidé de suivre les préceptes de Thoupeuhtilbo qui impliquaient de travailler plus pour gagner plus. Il y eut assez d’emplois pour tous car l’honorable Thoupeuhtilbo avait relancé la croissance du pays. Ainsi fut atteint le plein emploi. On me conta que cette notion, qui ne nous est guère...
tracking img