Utopie

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  • Publié le : 18 décembre 2011
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Introduction à l’utopie I – Définition : 1) Quel est le sens étymologique du mot « utopie » ? Qui a inventé ce mot ? Quand apparaît-il dans la langue française ? 2) Donnez la définition du genre littéraire auquel correspond l’utopie. Comment ce genre évolue-t-il ? 3) Quels sont les sens courant du mot « utopie » et de son dérivé « utopique » aujourd’hui ? Document complémentaire 1: définition dumot « utopie » http://expositions.bnf.fr/utopie/arret/d0/index.htm La poursuite d'une chimère Dans le langage courant actuel, " utopique " veut dire impossible ; une utopie est une chimère, une construction purement imaginaire dont la réalisation est, a priori, hors de notre portée. Or, paradoxalement, les auteurs qui ont créé le mot, puis illustré le genre littéraire inventé par Thomas More en1516, avaient plutôt pour ambition d'élargir le champ du possible, et d'abord de l'explorer. Certes, l'utopie se caractérise par un recours à la fiction, par un artifice littéraire qui consiste à décrire une société idéale dans une géographie imaginaire, souvent dans le cadre d'un récit de voyage purement romanesque. Mais imaginaire ou fictif ne veut pas dire impossible : tout rêve n'est paschimère. Les utopies relevant de la littérature politique, du XVIe au XVIIIe siècle, participent d'une critique de l'ordre existant et d'une volonté de le réformer en profondeur ; le recours à la fiction est un procédé qui permet de prendre ses distances par rapport au présent pour mieux le relativiser et de décrire, d'une manière aussi concrète que possible, ce qui pourrait être. Et l'épanouissement dugenre utopique correspond à une période où l'on pense, justement, que, plutôt que d'attendre un monde meilleur dans un au-delà providentiel, les hommes devraient construire autrement leurs formes d'organisation politique et sociale pour venir à bout des vices, des guerres et des misères. En ce sens, les descriptions qu'ils proposent, dans lesquelles ils font voir des cités heureuses biengouvernées, visent à convaincre leurs lecteurs que d'autres modes de vie sont possibles. […] Du nom propre au nom commun Thomas More invente le mot latin : Utopia, construit à partir du grec ou, " non, ne … pas ", et de topos, " région, lieu ", est le nom d'une île située " en aucun lieu ". Cette négation est ambiguë. Faut-il entendre que cette île, dont le gouvernement idéal règne sur un peuple heureux, estimaginaire, inédite, ou encore impossible ? Comment comprendre le fait qu'elle est en même temps localisée, puisque située par More quelque part aux confins du Nouveau Monde ? Et, puisque l'ouvrage de l'humaniste anglais est destiné à faire pendant à l'Éloge de la folie d'Érasme, ne s'agit-il pas simplement de cet exercice rhétorique humaniste où l'on feint un monde inversé pour mieux montrer quele plus raisonnable n'est pas celui qu'on croit ? Bientôt, le genre littéraire inauguré par More se diversifiera et l'on verra apparaître des eutopies (du grec eu, " bien "), des dystopies (du grec dus, exprimant une idée de difficulté, de trouble), des utopies satiriques ou critiques, des anti-utopies, des contre-utopies… La forme francisée " utopie " est attestée chez Rabelais (1532) et, sur lemodèle de l'anglais utopia, le mot devient nom commun en intégrant le vocabulaire politique du XVIIIe siècle ; il désigne alors le plan d'un gouvernement imaginaire, à l'image de la république de Platon. Ce n'est qu'au milieu du XIXe siècle que le sens courant actuel s'impose et que l'utopie en vient à désigner un projet politique ou social qui ne tient pas compte de la réalité. Pourquelques-uns, que justement la " réalité " n'enthousiasme guère, il s'agit là d'une qualité essentielle ; plus généralement, un glissement s'opère, faisant de l'utopie un projet irréalisable, voire irréaliste. En témoignent les renvois synonymiques donnés par le Petit Robert à l'article " utopie " : chimère, illusion, mirage, rêve, rêverie… II – Etude du texte de Thomas More 1) Faites le plan du texte. 2)...
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