Vautrin

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1135 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 10 octobre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Le père Goriot, Vautrin

Introduction:

Vautrin (Jacques Collin de son vrai nom) est un important personnage tiré du Père Goriot et de la Comédie humaine d’Honoré de Balzac.
Jacques Collin est un ancien forçat, chef de pègre (voleur), qui, après s'être évadé de la prison de Toulon et de Rochefort, prend le nom de Vautrin, Trompe-la-Mort, M. de Saint-Estève, Carlos Herrera puis WilliamBarker afin de se soustraire à la vue des forces de l’ordre. C’est un homme bienheureux, mais qui intimide facilement. Il semble tout savoir mais reste mystérieux sur son passé, ce qui fait de lui un personnage énigmatique. Son dévouement à aider « les jeunes ayant de l’ambition » et qui lui sont profitables. (d’abord Eugène de Rastignac, puis Lucien de Rubempré). Honoré de Balzac se serait inspiréd’Eugène-François Vidocq pour créer ce personnage (ancien bagnard, voleur et escroc)

I. Portrait

1) Physique

Vautrin, l'homme de quarante ans, à favoris peints, servait de transition. Il était un de ces gens dont le peuple dit: Voilà un fameux gaillard! Il avait les épaules larges, le buste biendéveloppé, les muscles apparents, des mains épaisses, carrées et fortement marquées aux phalanges par des bouquets de poils touffus et d'un roux ardent. Sa figure, rayée par des rides prématurées, offrait des signes de dureté que démentaient ses manières souples et liantes. Sa voix de basse-taille, en harmonie avec sa grosse gaieté, ne déplaisait point.
La force du personnage est manifeste dèsl’expression initiale, « Vautrin, l’homme de quarante ans », qui dénote la plénitude de la maturité, en contraste avec Eugène et Victorine, qui sont de tendres jeunes gens, presque adolescents, et avec Poiret et Goriot, tous deux sur le déclin de l’âge. Le recours à une formule populaire, « un fameux gaillard », plus expressive qu’un longue phrase, et placée en exergue à l’orée de la description physique,manifeste en peu de mots la vigueur, la prestance, l’audace.
Dans la physionomie, on interprétera correctement ce signe apparent, les rides : « sa figure rayée par des rides prématurées… »;elles ne traduisent pas l’usure de l’âge, mais elles constituent la marque d’une vie intense, singulière, assez forte pour avoir laissé des traces; en somme, une face burinée de grand navigateur de la vie.2) Moral

Un trait de son caractère était de payer généreusement quinze francs par mois pour le gloria qu'il prenait au dessert. Des gens moins superficiels que ne l'étaient ces jeunes gens emportés par les tourbillons de la vie parisienne, ou ces vieillards indifférents à ce qui ne les touchait pas directement, ne se seraient pas arrêtés à l'impression douteuse queleur causait Vautrin. Il savait ou devinait les affaires de ceux qui l'entouraient, tandis que nul ne pouvait pénétrer ni ses pensées ni ses occupations. Quoiqu'il eût jeté son apparente bonhomie, sa constante complaisance et sa gaieté comme une barrière entre les autres et lui, souvent il laissait percer l'épouvantable profondeur de son caractère. Souvent une boutade digne de Juvénal, et parlaquelle il semblait se complaire à bafouer les lois, à fouetter la haute société, à la convaincre d'inconséquence avec elle-même, devait faire supposer qu'il gardait rancune à l'état social, et qu'il y avait au fond de sa vie un mystère soigneusement enfoui.
L’apparence d’un bon vivant. Par le douceur du gloria (café mêlé d’eau-de-vie), Vautrin se pose en client généreux, il arrange les affaires dela tenancière en consommant en simple mortel qui a sa petite faiblesse, un bon vivant sans beaucoup de volonté se donnant comme tout le monde une jouissance de bouche bien anodine, alors qu’en réalité ses centres d’intérêt se situent dans une sphère bien supérieure.On a dons pu déceler, dans l’éclairage rétrospectif de ce que l’on apprend plus tard, une part de calcul dans les façons d’être...
tracking img