Vendredi ou les limbes du pacifique

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  • Publié le : 3 juin 2010
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Vendredi ou les limbes du Pacifique
Michel Tournier
Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier, écrit en 1967, est une réécriture de Robinson Crusoé de Daniel Defoe qui lui a été écrit en 1719, soit un siècle et demi plus tôt. Ils décrivent la solitude totale sur une île expérimentée par un Occidental, mais plus tard survient un « sauvage » : Vendredi. Or la relation des deuxRobinson avec ce dernier évolue de manière très différente, bien qu’à son arrivée, ils se pensent tous deux supérieurs et héritiers d’une civilisation détenant la vérité. De fait, Tournier explique que « l’idée que Robinson eût quelque chose à apprendre de Vendredi ne pouvait effleurer personne avant l’ère de l’ethnographie » —l’ethnographie étant l’étude des différents peuples —et que « pour DanielDefoe [...Vendredi était] une bête [...] qui attend[ait] de recevoir son humanité de [...] l’homme occidental, seule détenteur de tout savoir» ainsi cet autre Robinson, s’il tente d’éduquer Vendredi, échoue, et le contraire se déroule : Vendredi se fait, selon les termes même de Tournier, « à la fois guide et accoucheur à l’homme nouveau ». Jusqu’au XVIIIème siècle, siècle des lumières et périodeoù les voyages devenaient plus communs entre l’ancien et le nouveau monde, on croyait communément que les non Européens n’étaient pas des hommes. Après seulement les intellectuels et les voyageurs commencent à remettre en question le présupposé d’une supériorité Européenne.

Qu’est-ce que l’étude des cultures dîtes sous ou non civilisées a apporté au monde occidental ? Nous verrons d’abordcomment la société européenne est remise en question grâce aux études des autres sociétés, et ensuite nous nous demanderons qu’est-ce qu’un « sauvage » peut apporter à cette dernière.
Dès le seizième siècle, des voyageurs commencent à rapporter des récits de voyage. Parfois l’observation et l’étude des autres cultures poussent ces voyageurs à comparer avec leur propre société, et donc la critiquer.Le cannibalisme et la connotation effroyable de cette pratique fait partie des idées toutes faites qui trône dans l’esprit des occidentaux. Considéré comme un acte de barbarie et tout comme la couleur de leur peau, leur fait penser que les Noirs et les Indiens sont des créatures du diable, ou au moins sans âmes. Pourtant André Thevet décrit dans son livre Singularités de la France Antarctique de1557 un rituel où un soldat ennemi est préparé pour être manger par les vainqueurs et tout leur village. Ainsi, grâce à une grande rigueur et l’invention de cannibales « méchants » qui vivent ailleurs, il montre cet acte de façon objective et prouver qu’il n’est pas mauvais par lui-même.
Vingt ans plus tard Jean de Lery s’interroge sur la nation de barbarie, dans Histoire d’un voyage en la terredu Brésil , après avoir décrit certains actes de grande cruauté de la part des populations locales, raconte des scènes bien pires qui se sont passées en Europe même et finit ainsi : « Parquoi, qu’on n’abhorre plus tant désormais la cruauté des sauvages anthropophages, c'est-à-dire mangeurs d’hommes ! Car, puisqu’il y en a de tels, voire d’autant plus exécrables et pires au milieu de nous, qu’euxqui, comme il a été vu, ne se ruent que sur les nations qui leur sont ennemies [...] il ne faut pas aller si loin [...] pour voir choses si monstrueuses ».
L’auteur Montaigne constitue une étape importante vers la création du mythe du « bon sauvage » avec son récit « Des cannibales » où il dit que les nations brésiliennes sont proches de la « naïveté originelle », évoquant le mythe de l’âge d’or,il se demande si leur condition plus proche de la nature que n’importe quel autre homme qui vit en société occidentale n’est pas meilleure moralement.

Ce que l’on reproche à la société occidentale, c’est son rapport à l’argent, le matérialisme. En effet, dans quel but accumuler des biens, toujours rechercher plus de profit ? L’absurdité de cela est bien illustrée par Tournier dans son...
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