Venezuela

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  • Publié le : 19 mars 2013
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Venezuela
01 janvier 2013
Au Venezuela et à Cuba, l’après-Chavez a commencé
Le président vénézuélien, Hugo Chavez, réélu haut la main en octobre 2012, sera-t-il en mesure d’être investi pour son nouveau mandat le 10 janvier ? L’année 2013 débute dans l’incertitude pour les Vénézuéliens et pour les Cubains, dépendants des importations de pétrole offertes par Caracas à des prix d’amis.
Lamaladie de Chavez, sujet tabou tout au long de la campagne présidentielle, est revenu sur le devant de la scène politique. La gravité de son état de santé ne pouvait plus être niée, même si la nature de son cancer reste un « secret défense » jalousement gardé à Caracas et à La Havane, où il a subi une nouvelle opération au pronostic réservé. L’opposition vénézuélienne proteste, à juste titre, contre lemanque de transparence à ce sujet, alors que l’avenir politique des deux pays en dépend.
Le chef de l’opposition vénézuélienne, Henrique Capriles Radonski, a désamorcé le spectre d’une crise institutionnelle, en acceptant que la date de l’investiture présidentielle puisse être repoussée, comme l’ont suggeré des dignitaires « chavistes ». C’est une hypothèse moins farfelue qu’une investiture àCuba, comme cela avait été également avancée au plus haut niveau.
Le pouvoir vénézuélien et l’opposition n’ont aucun intérêt à précipiter les événements. Que M. Chavez soit définitivement empêché d’assumer son mandat ou qu’il le soit temporairement, l’incertitude est un facteur qui compliquerait la nouvelle élection prévue par la Constitution. Son décès susciterait une vague d’émotion dont lerésultat dans les urnes est imprévisible.
Du coté des opposants, le leadership de M. Capriles Radonski a été conforté par sa réélection comme gouverneur de l’Etat de Miranda (autour de Caracas). Mais les élections régionales de décembre 2012 ont été un succès pour les chavistes, qui ont ravi plusieurs Etats à l’opposition, dont l’Etat pétrolier du Zulia.
Du côté du pouvoir, le successeur désigné parHugo Chavez lui-même est le vice-président Nicolas Maduro, ministre des relations extérieures apprécié par la communauté internationale et par les Cubains.
M. Maduro est devenu le porte-parole de M. Chavez pendant sa nouvelle épreuve. Il est apparu à côté d’une des filles du président vénézuélien et de son époux, ministre du gouvernement vénézuélien, pour bien marquer sa proximité avec le leader «bolivarien ».
A Caracas, c’est un secret de Polichinelle que la position de Nicolas Maduro est contestée par un autre prétendant, Diosdado Cabello, président de l’Assemblée nationale, remplaçant institutionnel de M. Chavez en cas de décès ou d’empêchement définitif, en attendant une nouvelle élection. M. Cabello a une expérience électorale plus conséquente que M. Maduro et une popularité aumoins égale. Il a un autre avantage pour les élites « bolivariennes », dont le noyau dur est issu des forces armées : il est un ancien militaire qui a participé à l’aventure putschiste d’Hugo Chavez, en 1992. Nicolas Maduro, lui, est un ancien syndicaliste, réputé pour sa capacité de dialogue.
La « bolibourgeoisie » affairiste penchera-t-elle pour l’un ou pour l’autre ? Faute de relais, aura-t-elleson mot à dire ? Le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), la formation présidentielle, est habitué à suivre les ordres de Hugo Chavez, pas à délibérer en cas de crise. Prolonger l’attente et l’incertitude est un calcul risqué pour le chavisme, parce qu’il ravive les tensions et divergences, qui portent à la fois sur les personnes et sur les orientations (radicalisation ou centre gauche).Sans compter sur le fait qu’aucun dirigeant ne possède le capital électoral d’Hugo Chavez.
Pour Cuba, l’enjeu est encore plus important. Comme pour le Venezuela, la stabilité du régime est menacée. L’éventuelle fin des importations de pétrole subventionnées précipiterait de graves dificultés économiques, alors que les réformes de Raul Castro marquent le pas. La Havane a d’ailleurs commencé à...