Venus anadyomene

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  • Publié le : 16 juin 2010
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.Venus Anadyomène, Arthur Rimbaud
Commentaire

Introduction
Les Parnassiens, parmi lesquels Banville, furent les premiers destinataires de premiers poèmes envoyés par la poste le 24 mai 1870, « Par les beaux soirs d’été », « Ophélie » et « Credo in unam… », poèmes largement plagiés de Chénier, Gautier, Virgile et Lucrèce. Mais devant le peu d’intérêt des parnassiens pour le jeune poète de 17ans, Rimbaud va tourner la poésie parnassienne en dérision, le sarcasme va remplacer le bel élan initial et l propos friser la parodie. A la source de l’inspiration du jeune poète, deux ensemble d’images ont constitué son enseignement scolaire, la mythologie et l’enseignement religieux . ces ensembles sont chargés d’une iconographies qu’il connaît par cœur et qui sont les thèmes favoris desParnassiens. S’il s’attache donc ds un premier temps à illustrer sagement ses poésies de toute cette iconographies pour suivre les maîtres de l’époque, il va vite s’en détourner pour en livrer sa vision personnelle, l’admiration faisant place au dégoût. Rimbaud manifeste pour le latin, le grec, la mythologie un intérêt et un talent certain qui sera récompensé par de nombreux prix scolaires. Rimbauds’inspirera ds ses premiers poèmes de cette mythologie et ponctuera ses textes de lyres, de nymphes, de mots grecs et latins (anadyoménè est un mot grec qui signifie « sort de la mer »), tous les symboles de la création artistique parnassienne très en vogue. Rimbaud va jouer avec ses images qu’il connaît si bien. S’il donne de Vénus une image encore conventionnelle ds ses 2 premiers poèmes « Invocationà Vénus » et « Soleil et chair », c’est une toute autre image qui apparaît ds cette « Vénus Anadyomène ». A une Vénus divine des premiers poèmes, belle, qui incarne l’amour et la fécondité, cette Vénus anadyomène a les traits d’une grosse femme laide et malade. Rimbaud révèle ici son impitoyable talent de dérision avec ce pastiche, ce contre blason.
On verra ds un premier temps comment Rimbaud sejoue des codes du blason féminin traditionnel et de l’iconographie (tableau de Botticelli), puis ds quelle mesure ce poème se révèle une véritable caricature, parodie comique.

I- Un contre-blason
1) Un blason féminin traditionnel ?
Rappel : le blason est un court poème célébrant une partie du corps de la femme (« Blason du beau tétin » de Marot). Quand il se fait satirique on parle alors decontre-blason (« Blason de laid tétin » de Marot)
-Toutes les parties du corps traditionnellement célébrées sont évoquées ici par le poète : la tête et les cheveux : « une tête » vers 1, « cheveux bruns » vers2, « puis le col » vers 5, « les larges omoplates » v5, « le dos court » v6, « l’échine » vers9, « les reins » v12, « croupe » v13. Mais l’éloge de la beauté est ici renversé puisque lesadjectifs associés sont dévalorisants : « col gras et gris » vers 5, « larges omoplates »vers 5, « les rondeurs des reins » v7, « large croupe »v13 qui évoquent une femme grosse ; enfin « l’échine est un peu rouge » vers 9.

2) Une construction du poème en mouvement qui mime « la sortie des eaux »
La construction du sonnet est dynamique et suit les mouvements de Vénus sortant des eaux : celle dupeintre Botticelli est pleine de grâce, celle de Rimbaud est marquée par une lenteur qui ne doit rien à la grâce mais plutôt à la « graisse » et à la lourdeur, associée à la « bêtise ». En effet, les verbes de mouvements, nombreux, suivent cette sortie de baignoire : « émerge » apparaît au vers 3 seulement, après une longue antéposition d’une comparaison « Comme d’un cercueil vert… » vers1, dugroupe nominal allongé par une expansion du nom « une tête de femme … ». De plus la position en rejet interne du verbe et la virgule qui lui suit marquent une pause qui met en valeur ce gros plan grotesque sur la tête sortant de l’eau. L’adverbe de temps « puis » en début de strophe 2 indique un semblant d’action, et l’énumération des parties du corps émergents se poursuit : « le col gras et...
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