Vicor hugo

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Victor Hugo, Vieille chanson du jeune temps, Le poème du 24.
mercredi 24 mars 2010, par Corinne

Mots-clefs :: La Revue du 24 :: Poésie ::

Pour le poème du 24, un poème d’un auteur qui n’avait pas encore été abordé, auteur pourtant majeur, même si ce ne devait être que par le volume de sa production : Victor Hugo.

Sommaire
Vieille chanson du jeune temps
Introduction
I Poèmed’éveil
II Poème de maîtrise
Conclusion

Vieille chanson du jeune temps
Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J’étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son œil semblait dire : " Après ? "

La rosée offrait ses perles,
Le taillis sesparasols ;
J’allais ; j’écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l’air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les moussesde velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d’un air ingénu,
Son petit pied dans l’eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu’elle était belle
Qu’en sortant des grands bois sourds.
" Soit ; n’ypensons plus ! " dit-elle.
Depuis, j’y pense toujours.

Victor Hugo

Introduction
Revenant sur une anecdote de son passé, le poète en livre une version émue, tournée vers la sensualité de la femme. Pourtant, une double lecture de ce poème est possible, donnant à entendre derrière l’adresse initiale, la femme, une autre écoute du poème. Problématique : Comment le poème parvient-il à asseoirsa maîtrise de la poétique.

I Poème d’éveil
a) l’image de la femme

Elle est associée à la sensualité, la beauté « elle était belle », « son bras blanc ». Elle est célébrée dans tout le poème qui souligne ses gestes et son attitude.
« Petit pied » : montre la délicatesse de ces gestes, la grâce Sa description la montre en communion avec la nature. Le prénom de la jeune femme est d’ailleurscelui d’une fleur

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches

La nature même semble s’incliner devant elle « Mousse de velours caresse » où la sensualité passe de la femme à la nature. La personnification « Nature amoureuse » indique cet état de changement, la nature personnifiée vient prendre la suite de la femme. Elle a un rôle actifau sein de la nature, semble s’y déplacer avec grâce et y trouver place et accord. Son portrait est ainsi marqué mais celui du poète l’est également.

b) personnages types chacun dans son monde

Les personnages sont jeunes tous les deux mais très différents l’un l’autre. Elle est déjà éveillée à la sensualité, lui reste perdu dans ses pensées « Je ne songeais pas à Rose » marque le début d’unpoème adressé mais qui rappelle la non conscience de l’autre. Autre exemple « Je ne vis pas son pied nu » qui marque la non attention du poète. La fin du poème, « Je ne vis qu’elle était belle / Qu’en sortant des grands bois sourds » indique une prise de conscience tardive avec allitération en « qu » qui en marque l’impact.
La répétition du syntagme « grands bois sourds » balance la significationentre nature et poète. Si la nature semblait sourde à ce qui ne renvoyait pas à la jeune fille, le poète est lui sourd à cette beauté, c’est-à-dire aveugle.

Le contraste se marque également sur ces vers, « Moi, seize ans, et l’air morose ; / Elle, vingt ; ses yeux brillaient. » qui soulignent par ellipse dans le premier vers et par asyndète dans le second une symétrie de portraits pourtant...
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