Victor hugo les chatiments

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Victor HUGO

“Les châtiments”
(1853)

Recueil de poèmes

Il fut composé durant l’exil à Jersey. Les poèmes “Nox” et “Lux” encadrent sept livres dont les sous-titres, très ironiques, fustigent l’ordre établi et qui, sous des formes très variées, obéissent à une même inspiration, la «muse Indignation». Faisant de Napoléon III l’archétype de la tyrannie, Hugo, Juvénal réincarné, condamne avecviolence le «crime» commis, et dénonce la bassesse du nouveau régime, ses vices et ses déportements présentés comme une décadence de Bas-Empire. Pour mieux flétrir la répression menée par Napoléon-le Petit, il adopte le ton épique pour, par contrecoup et pour les besoins de la cause, célébrer les «soldats de l’An II» (“À l’obéissance passive”) ou ceux de l’armée impériale, exalter la gloire etles vertus de l'épopée napoléonienne (“L’expiation”). Il appelle sur les usurpateurs du 2 Décembre le feu du ciel. Puis il proclame avec lyrisme sa confiance en l’avenir. La variété des tons (pamphlets, chansons, satires, visions épiques, invocations lyriques) élargit la portée du recueil : face à ce monde qui souffre, c’est au poète de précéder par son action «l’ange Liberté» (“Stella”).----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

“Nox”
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Livre premier : “La société est sauvée”----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

I “France, à l’heure où tu te prosternes”
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IV “Aux morts du 4 décembre”---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

VIII “À un martyr”
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Livre II : “L’ordre est rétabli”---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

III “Souvenir de la nuit du 4”

L'enfant avait reçu deux balles dans la tête.
Le logis était propre, humble, paisible, honnête ;
On voyait un rameau bénit sur un portrait.
Une vieille grand'mère était là qui pleurait.
5 Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
Pâle, s'ouvrait ; la mort noyait son œil farouche ;
Ses bras pendants semblaientdemander des appuis.
Il avait dans sa poche une toupie en buis.
On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
10 Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies?
Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.
L'aïeule regarda déshabiller l'enfant,
Disant : - Comme il est blanc ! approchez donc la lampe.
Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe ! -
15 Etquand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
La nuit était lugubre ; on entendait des coups
De fusil dans la rue où l'on en tuait d'autres.
- Il faut ensevelir l'enfant, dirent les nôtres.
Et l'on prit un drap blanc dans l'armoire en noyer.
20 L'aïeule cependant l'approchait du foyer,
Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
Hélas ! ce que la mort touche de ses mains froidesNe se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas !
Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
25 Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
- Est-ce que ce n'est pas une chose qui navre !
Cria-t-elle ; monsieur, il n'avait pas huit ans !
Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
30 C'est lui qui l'écrivait....
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