Victor hugo

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  • Publié le : 31 mars 2010
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Avec l’aimable autorisation de “ Envol ”, revue mensuelle de la Fédération des Œuvres Laïques de l’Ardèche, nous avons le plaisir de publier, cet article de notre ami et adhérent Raymond Huard. Depuis 1948, sans tambour ni trompettes et sans discontinuer, Envol poursuit son chemin d’information et de responsabilisation, 10 fois l’an. La commémoration de la résistance républicaine de 1851 dansl’Ardèche lui doit beaucoup.

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Victor Hugo fut un écrivain " engagé ", pour reprendre un terme que Sartre popularisa. De ses choix successifs qui furent variés, on a retenu surtout celui qui marqua la seconde moitié de sa vie, la prise de positionrésolue, intransigeante, en faveur de la République à partir de 1849, qui lui valut un exil de près de vingt ans, entre la fin de 1851 et 1870, mais qui lui permit aussi de devenir à la fin de sa vie un des " phares " du Panthéon de la Troisième République.



L’engagement de V.Hugo est en fait plus complexe qu’il ne paraît. Il ne se limite pas à ses choix politiques. Car, transcendant ceux-ci,on perçoit tout au long de la vie de Hugo, des options encore plus fondamentales qui, elles, ont été constantes et qui servent en quelque sorte d’ossature à sa personnalité. Le choix de la liberté d’abord. La liberté en littérature, qui est première à ses yeux sans doute, mais aussi la liberté politique. La liberté en littérature, c’est-à-dire celle de renouveler les formes littéraires, levocabulaire (" je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire "), et surtout de traiter librement n’importe quel sujet. Or Hugo a connu la censure, sous la Restauration où sa pièce Marion de Lorme est interdite, et sous la Monarchie de Juillet où il en est de même pour Le Roi s’amuse. Il a lutté pour la défense de la liberté de la presse, contre le parti de l’Ordre sous la Seconde République. Après 1851,ses œuvres hostiles à Napoléon III (Napoléon le Petit, Les Châtiments) ont du être publiées à l’étranger et n’ont été diffusées en France que clandestinement. Ce combat pour la liberté littéraire s’inscrit dans une vision plus fondamentale du devenir humain, présente dès Notre Dame de Paris (1829), celle d’une humanité qui progresse sur la voie de la conscience grâce à l’instruction, au livre, quiremplacera la cathédrale comme instrument privilégié de l’éducation du peuple, grâce aussi à la liberté de penser. Dès la Restauration, ce même souci de liberté l’amène à prendre position en faveur des peuples opprimés. C’était alors la Grèce. Ce sera plus tard, l’Irlande, Cuba, le Mexique etc.



Convaincu que l’humanité est irréductiblement présente dans chaque homme, V.Hugo refuse lapeine de mort. Cette option, présente dès les premières œuvres (Han d’Islande en 1823), et développée pour la première fois dans Le dernier jour d’un condamné en 1829 est plus originale que la précédente et tranche avec les sentiments dominants à l’époque... Sans doute, l’expérience des âpres luttes de la révolution, le souvenir de la terreur ont-ils alerté l’opinion contre les excès d’une répressionimpitoyable. Mais la peine de mort reste largement admise, fait l’objet d’un cérémonial qui a même la faveur du peuple. On se dispute les bonnes places près de l’échafaud. Dans la bourgeoisie, l’idée que la société doit se venger des atteintes portées à l’ordre moral et social est couramment répandue. Hugo, ici, va vraiment à contre courant. On le sent révulsé par la violence que la société peutexercer sur un individu jugé par elle -et parfois à tort- coupable, et définitivement perverti. L’image du bourreau, celui qui donne la mort au nom de société, hante d’ailleurs une bonne partie de son œuvre. Ce même souci de l’humanité dans chaque homme explique que V.Hugo, ait également pris position, très tôt dès Bug Jargal, contre l’esclavage.



Comparés à ces prises de parti, de...
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