Victor hugo

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  • Publié le : 27 avril 2011
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[I. Une description des vents]

La description des vents s'organise autour de leurs trois caractéristiques principales : la multitude, le mouvement et la force.

[1. Leur multitude]
La description des vents est destinée à opposer Gilliatt, seul dans sa lutte, à la multitude des vents, que Victor Hugo évoquera plus loin par les mots « horde » et « légion ». Dans notre passage, il n'utiliseaucun de ces singuliers collectifs, mais exclusivement des pluriels. Toutes les phrases, à deux exceptions près, ont un sujet au pluriel, qui est toujours le même, « les vents » comme dans la première phrase, puis le pronom « ils » dans le reste du texte, plus rarement un autre substantif (« ces hurleurs »).
Cette impression de multitude est renforcée par celle de la variété, suggérée par larichesse des sensations auditives. Les bruits des vents sont, en effet, décrits comme des sons d'instruments de musique réunis pour former une fanfare : « toutes les voix amalgamées des clairons, des buccins, des olifants, des bugles, des trompettes ». Sous la variété des termes de cette énumération apparaît certes l'unité du champ lexical, puisque tous ces instruments à vent servent à la chasse ou à laguerre, qui sont elles-mêmes des activités voisines, ayant toutes deux pour but de donner la mort. Mais ce sont les connotations qui créent la variété. A côté des clairons et des trompettes, usuels dans toutes les armées, les olifants évoquent le Moyen Âge et La Chanson de Roland, en particulier le moment où le preux se résout à sonner de son olifant pour appeler Charlemagne à son secours. Lesbuccins rappellent le passé encore plus lointain des conquêtes romaines. Pour les bugles, utilisés dans la musique militaire, la connotation n'est ni historique ni littéraire, mais linguistique, car ce mot, de la même famille que « beugler », fait entendre des sons à la fois intenses, prolongés et désagréables. Une énumération introduit des oppositions dans cette variété : dans la première phrase,par exemple, l'adjectif « lascifs », qui suggère l'amollissement et la volupté, est encadré par « frénétiques » et « effrénés » qui, malgré l'absence d'étymologie commune, évoquent par leurs sonorités et leur sens la force, l'agitation, le désordre.

[2. Leur mouvement]
Puissance insaisissable, le vent est, par définition, une masse d'air en mouvement. Victor Hugo décrit ce mouvement parl'accumulation des verbes. Dès la première phrase, il les regroupe par trois dans une énumération : dans « courent, volent, s'abattent », il passe du moment où le vent souffle à celui où il tombe ; dans « finissent, recommencent, planent », il oppose la fin au commencement pour s'arrêter sur une accalmie momentanée. À l'abondance des verbes s'ajoute la variété des rythmes. Quelques phrases courtespeignent le mouvement rapide du vent, renforcé par l'effet des sonorités, comme par exemple les nasales dans : « Qui les entend écoute Pan ». Mais c'est, de préférence, la phrase longue, chargée d'incidentes, qui accompagne le vent dans son mouvement. Ainsi la troisième phrase suit d'abord un rythme descendant, avec les six syllabes de « ils embouchent l'espace » succédant aux douze précédentes, maiselle s'achève sur un rythme ascendant en s'élargissant dans « une sorte de fanfare prométhéenne ». De plus, comme les dieux, les vents semblent avoir l'ubiquité pour attribut, puisque l'univers entier est leur domaine : ils se déchaînent « au tropique comme au pôle », ils sont partout à la fois. Enfin, la métaphore de « la battue des navires », qui annonce celle de la chasse, nous fait imaginer lesmanœuvres des navires essayant de lutter contre la tempête en même temps que la course effrénée des vents lancés à leur poursuite.

[3. Leur force]
Ce qui rend les vents redoutables est leur puissance, car ils sont vraiment les maîtres incontestables de la nature. D'abord, il régnent sur tous les autres éléments, l'air, le ciel et la mer : « ils pétrissent » l'eau, « ils font le ciel sonore...
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