Violence des images, violence des actes

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  • Publié le : 18 septembre 2010
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VIOLENCES DES IMAGES : VIOLENCE DES ACTES ?

La violence des images conduit-elle à celle des actes ? Cette interrogation est assez rebattue mais j’ai eu envie d’y réfléchir tout spécialement après être allée voir Kill Bill de Quentin Tarantino (2003 pour l’opus 1, opus 2 en 2004) . Ce film ne présente qu’une succession de combats, avec des membres mutilés, du sang qui jaillit comme d’un tuyaud’arrosage et somme toute un manque de réalisme hallucinant. D’ailleurs ce film est sidérant. Le problème du cinéma de Tarantino en général est qu’il livre de la violence une vision déréalisée, proche de celle que donnent les jeux video, une vision jubilatoire : dans Pulp Fiction, le spectateur est mort de rire en voyant des tueurs contrariés d’un coup de feu parti par erreur, non pas à cause dela victime inutile, mais parce qu’il va falloir nettoyer la voiture…
C’est un cinéma de virtuose, où les personnages tuent pour exister, ce qui est d’autant plus facile que la victime en quelque sorte n’existe pas, puisque le film ne prend jamais en compte son point de vue. La vie humaine en est d’autant plus dévalorisée.

Historiquement, il y a eu une escalade de la violence remarquée, parexemple avec Orange Mécanique, (1971, Clockwork Orange, Stanley Kubrick), Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974), série des films « Halloween », Scarface (Brian de Palma, 1983). Reservoir Dogs, Pulp Fiction (déjà de Quentin Tarantino, 1992) Nikita (1990) et Léon (1994) de Luc Besson. Tueurs Nés (Natural Born Killers, Oliver Stone, 1994), Scream (Wes Craven, 1996), , Crash, de DavidCronenberg, Battle Royale.

Et bien sûr nous avons tous en tête des faits divers sanglants où les meurtriers répétaient des scénarios de film. On a même inventé le terme de « screaminalité » à cause de l’influence de la série des « Scream » (massacres de Nantes et Fontenay-aux Roses, pour la France). Il y a aussi eu des atrocités après Seven, ou Reservoir Dogs (Liverpool) et surtout Tueurs Nés.

Onaccuse volontiers les médias , en faisant un étalage complaisant de la violence, de pousser à commettre des actes violents, de susciter différentes formes d’agressivité. C’est un vieux débat :
Déjà en 1914, quand la 1ère guerre mondiale éclata, le gvt allemand pensa interdire le cinéma, qu’il trouvait léger, voire pornographique et qui risquait de détourner les allds de l’effort de guerre.
Aux Usa,dès la fin des années 20, les « Payne Fund Studies » avaient établi une corrélation entre criminalité et fréquentation des salles de cinéma.
Les images sont en quelque sorte « présumées coupables ».
Le média le plus visé est la TV. Mais de plus en plus le cinéma et les jeux video sont mis en accusation, d’une part par leur facilité d’accès (avec les videos et les DVD, il n’y a plus besoin desortir pour voir un film), d’autre part parce que le spectateur être maître de son choix d’images et peut sans cesse revoir les mêmes images en boucle s’il le désire , ce qui n’est pas négligeable (contrairement à un programme que l’on suit à la télé sans pouvoir intervenir sur son déroulement.)

Donc mon questionnement est : pourquoi ce déferlement de violence toujours croissant ? Est-ildangereux ? Que nous disent les sociologues, les psychologues ou psychiatres ? Faut-il le tolérer ? Comment réagir ?


Avant d’aller plus loin, il faudrait déjà réfléchir à ce qu’est une image violente. Ce n’est pas si facile à définir.
Une image violente est-elle une image qui montre un acte violent ? Ce serait confondre représentation de la violence et violence de la représentation.
De plus oùcommence la violence ? Est-elle physique ou morale ? Intentionnelle ? Toujours illégitime ? Certains se sentent plus atteints par un documentaire qu’un film et d’autres, le contraire.
Les définitions varient selon les études, et des études il y en a eu énormément : En 1994 par exemple, il y a eu aux USA 3000 études sur le thème « violence et médias », 3500 en 1998, ce qui s’explique par un...
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