Voltaire chapitre 11, ah s'il nous faut des fables...

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  • Publié le : 10 mars 2010
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Sidonie Baignères Lundi 16 Novembre
2ième année LMA

Dissertation

Au chapitre XI de L’Ingénu, Voltaire fait dire à son héro : « Ah !s’il nous faut des fables, que ces fables soient au moins l’emblème de la vérité ! J’aime les fables des philosophes, je ris à celle des enfants, et jehais celles des imposteurs ». Dans quelle mesure cette réflexion vous semble-t-elle pouvoir s’appliquer à l’esthétique de L’Ingénu ?

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« Ah !s’il nous faut des fables, que ces fables soient au moins l’emblème de la vérité ! J’aime les fables des philosophes, je ris à celle des enfants, et je hais celles des imposteurs ».Cette réflexion, extraite du chapitre XI de L’Ingénu deVoltaire, est à étudier en fonction de l’esthétique de l’œuvre. Le terme esthétique, ici, est l’ensemble des principes à la base d’une expression littéraire visant à la rendre conforme à un idéal de beauté. Celle de L’Ingénu correspond à une histoire à base de preuves, de faits qui insinuent qu’à côté des charmes de la fable, c’est l’histoire qui doit prédominer. La question qui se pose alors, estque si la fable est dangereuse, pourquoi et comment Voltaire utilise-t-il le conte pour transmettre des idées ?

La fiction voltairienne.

Voltaire est l’auteur de plusieurs romans fictifs tels que Candide, L’Ingénu, La Princesse de Babylone… Malgré le succès de ses œuvres, Voltaire assume mal cette paternité car il considère le genre romanesque comme une esthétique rétrograde. Cependant,il voit en ce genre littéraire une manière de diffuser ses idées de manières moins savante que dans ses autres œuvres. Dans L’Ingénu, Voltaire joue entre fiction et histoire, cette dernière considérée à son époque comme un genre noble. On peut donc affirmer que pour Voltaire, les contes et les fables doivent être l’emblème de la vérité. L’invention romanesque, la fiction doivent exprimer lavérité. Néanmoins, la réflexion extraite du chapitre XI de L’Ingénu mentionne trois types de fables ; celles des philosophes, celles des enfants et celles des imposteurs. Nous nous attacherons à définir le sens de chacune d’elles. Pour le philosophe, il s’agit d’un récit qui se conclut par une morale ou une parole de sagesse. Cette définition est proche de l’étymologie du mot « philosophie ». Onl’apprécie pour sa recherche de la vérité. Pour les enfants, la fable est un conte, une histoire racontée sans finalité réelle juste pour le plaisir d’être écoutée. On en rit et s’en contente car elle fait fit de toute vraisemblance. Enfin pour les imposteurs, il s’agit de fiction mensongère qui permet d’officialiser leurs propres vérités. On hait celle-ci, car on la perçoit comme une tricherie. Ici, ilest nécessaire, bien que se soit une évidence, d’identifier ces dits imposteurs. L’œuvre de Voltaire s’inscrivant dans une critique permanente de la religion, est particulièrement de la religion avérée, il est clair que ces imposteurs sont les religieux intolérants (jésuites, jansénistes…) et que leur plus grande imposture est la Bible. La fable a donc une forte polysémie ici. Globalement, le termedésigne un récit pédagogique à des fins morales, mais parfois aussi politiques ou religieuses. Mais ne sont mensongères que les fables qui se donnent comme vraies. La fable est donc aussi utilisée par Voltaire en faisant de l’ingénu un philosophe. Par l’intermédiaire du conte philosophique, Voltaire, qui est lui déiste, s’en prend à la religion dite « avérée ».

Le conte philosophique contre lareligion
Le conte n’a pas toujours exhibé son caractère fictif, l’un de ses sens est d’être associé à la relation de faits vrais. Bien que le conte philosophique L’Ingénu commence par « un jour » qui est une équivalence à « il était une fois », Voltaire pointe constamment le caractère fictif de cette œuvre, entre autre avec cette réflexion «Ah !s’il nous faut des fables, que ces fables...
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