Voltaire, dictionnaire philosophique (1764), « guerre »

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 9 (2031 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 28 mars 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Voltaire, Dictionnaire philosophique (1764), « Guerre »
I.Première organisation évidente : suivre les structures du texte ou les étapes du récit.

1.Nœud : les causes futiles d’un conflit,
2.Péripéties : une guerre désordonnée et cruelle,
3.Dénouement auxquelles j’adjoins la leçon de l’apologue final : l’enfer du mal et la caution de la religion.

II.Deuxième organisation qui va del’apparent au caché. Cette organisation est meilleure car elle est plus équilibrée et surtout rend mieux compte des intentions et de la manière de Voltaire.
1.Le détournement du conte ou du récit légendaire,
2.Pour atteindre au conte philosophique dénonçant la folie de la guerre,
3.Par un apologue nourri de toute la charge ironique voltairienne.

Introduction

En 1749, Voltaire décide de répondreà l’invitation de Frédéric II, et part pour la Prusse. Il demeure cinq ans au château de Sans-Souci. La coopération entre un homme de pouvoir et un homme de lettres, d’abord idyllique, tourne court rapidement. Finalement les deux hommes se brouillent, et Voltaire doit quitter l’Allemagne. Voltaire n’a pas apprécié l’autoritarisme et le bellicisme du souverain. Cette expérience malheureuse servira àillustrer les malheurs de Candide dans le chapitre III du conte éponyme ainsi que dans l’article "Guerre" du Dictionnaire philosophique.
Ce texte présente l’intérêt d’une argumentation au travers d’un récit. Il vise à dénoncer les horreurs et surtout l’absurdité de la guerre. Il est un exemple de la fameuse ironie voltairienne.
Dans un premier temps Voltaire détourne habilement les principes duconte classique. Par la dénonciation il le transforme ensuite en un conte philosophique. Il affirme son jugement dans un apologue final.

Développement
Un conte classique détourné
Les marques d’une anecdote
Voltaire a repris les attributs d’un personnage de conte : le récit prend sa source dans la noblesse, nous avons là le prince du conte. Notons le champ lexical de la noblesse et dupouvoir allié à celui de l’armée : "généalogiste, "prince", "ligne" (au sens de descendance), "comte", "maison" (2) (au sens de famille noble), "province", "droit divin", "conseil", "gloire", "pouvoir", "puissances", "chef", "drapeaux". Nous serions presque dans le registre épique.
Pourtant ce n’est pas un "prince charmant" car sa noblesse est de façade. Il se révèle vain et prétentieux. De même,l’épopée sombre dans la folie meurtrière : les princes ne sont pas de preux chevaliers. Ils sont comparés à Gengis Khani, Tamerlanii, Bajazetiii, c’est-à-dire des conquérants cruels et sanguinaires.
Les marques de l’indétermination
Voltaire a repris aussi les marques de l’indétermination propres au conte. Elles permettent de sortir de la réalité. C’est la fonction du « il était une fois » pour le temps,et d’une contrée éloignée pour le lieu. Ici, ce procédé permet soit d’échapper à la censure, soit de donner une portée plus générale à l’exemple. En effet Voltaire s’inspire de la guerre de Sept ansiv (petites principautés, dévastation par des mercenaires, alliances changeantes…) qu’il a aussi dénoncée dans Candide.
Les personnages « prince », « comte » ou leur famille, leur « maison » sontannoncés par l’article indéfini « un », tout comme le lieu, « province », notons également que "les autres princes […] couvrent une petite étendue de pays" : là encore l’anecdote se situe dans un espace indéterminé qui apparente le texte au registre du merveilleux. Les indications de temps sont aussi peu précises : « il y a trois ou quatre cents ans » nous renvoie dans un passé éloigné etapproximatif. Rien ne permet de dater précisément les événements : cela apparente encore une fois le texte au registre du merveilleux.
Mais l’indétermination a surtout pour fonction de montrer les prétentions injustifiées et ridicules du prince. Le prince justifie ses droits par un lignage à plusieurs étages « en droite ligne d’un comte dont les parents avaient fait un pacte de famille, il y a trois...
tracking img