Voltaire

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  • Publié le : 29 juin 2010
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Nous analysons ici une prière chrétienne minutieusement rédigée, autant dans la forme que dans l’esprit. En effet, Voltaire y fait de nombreux vœux qu’il souhaiterait voir exaucés, grâce à l’emploi de l’impératif « fais » suivi de la conjonction de subordination « que » l. 6 : « Fais que nous nous aidions mutuellement, à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère » et de subjonctifs àvaleur injonctive : « Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères » l.21, « Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes » l. 21-22. Voltaire a également très souvent recours au champ lexical de la fraternité, qui renforce l’idée de paix déjà soutenue dans ses vœux : « Frères » l.21, « Haïssons pas » l.24, « Paix » l.24. Notons également que l’utilisation récurrente de la1ère personne du pluriel, du mot « Tous » et enfin de l’adjectif possessif « Nos » insiste sur le fait que l’auteur réalise sa prière au nom de tous les Hommes, qu’ils soient chrétiens ou pas. Il souhaite par conséquent la paix pour tous.
Cette prière écrite remplit donc son rôle, car outre son aspect général étudié ci-dessus, l’expression des sentiments du narrateur correspond à ceux d’unchrétien pratiquant. Ainsi, Voltaire fait de lui dans ce texte, un fervent fidèle en se plaçant du côté des Hommes qu’il qualifie de « faibles créatures » à la ligne 2. Il met donc largement en valeur Dieu qu’il considère comme tout-puissant, grâce à la formule d’insistance « C’est à toi » utilisée aux lignes 1, 3 et 4. Il utilise même une périphrase hyperbolique pour le désigner, à savoir « Dieu de tousles êtres, de tous les mondes et de tous les temps » (Ligne 1-2) qui contraste avec les Hommes qu’il qualifie de simples « atomes » (Ligne 11) « disproportionnées à ses yeux » (Ligne 10). Il n’hésite pas à se rabaisser, comme l’indique la périphrase subjective « Faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers » (Ligne 2-3) qui insiste sur la « petitesse » del’être humain. D’ailleurs, le champ lexical de la faiblesse corrobore l’idée de vulnérabilité précédemment évoquée : « faible » l.2, « pitié » l.5, « erreurs » l.5, « débiles » l.8, « insuffisants » l.9, « ridicules » l.9, « imparfaites » l.9 et « insensées » l.10.
Il ne cesse donc de s’humilier, sans en éprouver la moindre honte, devant le créateur de l’univers, comme le ferait n’importe quelcroyant. Une prière à priori banale, qui reste cependant avant tout celle d’un philosophe déiste qui revendique la tolérance religieuse.
En effet, avec recul, on puis constater que les vœux de Voltaire permettent en fait une remise en question de la société de l’époque qui privilégie incontestablement le catholicisme. Les phrases impératives, introduites par la conjonction de subordination « que »,utilisées à la fin du premier paragraphe prônent donc la tolérance : « Fais […] que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire ; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau » (Ligne 13 à 16). Ces phrases reflètent l’opinion duphilosophe vis-à-vis de la société qu’il trouve intolérante. Ces leçons de morales, camouflées sous la forme de vœux, monopolisent l’attention du lecteur, car séparées par de simples points virgules, elles se succèdent sans interruption. Elles sont de plus très nombreuses (Lignes 12 à 23, soit 11 lignes sur 26). Il a également recours à de nombreux parallélismes qui mettent en évidence la divisiondes hommes, due à leur religion , grâce à l’expression « Ceux qui » utilisée à de maintes reprises : « Que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire » (Lignes. 13-14).
Dans le deuxième paragraphe, l’auteur insère de nouvelles phrases injonctives, qui dégagent plus explicitement...
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