Voyage au bout de la nuit commentaire

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  • Publié le : 29 septembre 2010
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Commentaire composé : Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline (1932)

En 1932, Louis-Ferdinand Céline, de son vrai nom Louis-Ferdinand Destouches, publie Voyage au bout de la nuit. Ce premier essai en littérature fait scandale par son amertume et la violence des propos de l’auteur. Une bonne partie de la critique est décontenancée par la nouveauté et la brutalité de l’ouvrage. Romanautobiographique, le Voyage au bout de la nuit commence avec l’engagement volontaire du narrateur dans l’armée française. Ferdinand Bardamu, reflet de l’auteur à travers le récit, raconte dans le roman sa vie et la misère du monde contemporain. À vingt ans, en 1914, il se retrouve sur le front où il perd rapidement son enthousiasme, au spectacle absurde de cette boucherie héroïque.
L’auteur donneun nouveau souffle au registre tragique, par la révélation d’un combat sanglant et sans pitié, où la psychologie de l’homme va de l’humain à la bête. On assiste à l’incompréhension du héros devant cette guerre meurtrière, où les deux camps adverses sont tournés en dérision.
Céline se sert du langage familier et de l’ironie pour accentuer l’aspect tragique de l’extrait.
En opposition avec lehéros, Céline présente son personnage comme un antihéros ; sa peur le conditionne au même rang que les autres soldats.
Céline, en renouvelant complètement l’écriture romanesque et en supprimant la frontière entre l’écrit et l’oral, redonne ainsi toute sa puissance à la parole.
Comment Bardamu, personnage principal de l’œuvre, fait-il ressortir l’absurdité et l’atrocité de la Guerre ?


Dansl’extrait, Céline dénonce l’absurdité des combats menés, il ne comprend pas l’intérêt de donner lieu à cette Grande Guerre. Bardamu voit son innocence brisée par l’atrocité de ces combats « On en a eu tellement plein les yeux, les oreilles, le nez, la bouche tout de suite, du bruit, que je croyais bien que c’était fini, que j’étais devenu du feu et du bruit moi-même… » En effet, il s’était engagévolontairement à la guerre et ne se doutait pas de l’absurdité d’un tel conflit.
L’auteur ne juge pas un camp meilleur que l’autre puisqu’il tourne les Allemands en dérision à l’aide d’hyperboles « Nos Allemands accroupis [...] C’est à la mitrailleuse qu’ils poursuivaient à présent leurs sottises » et de métaphores « Tout autour de nous venaient voler comme des essaims de balles rageuses,pointilleuses comme des guêpes ». Seulement, la dérision n’est pas seulement centrée sur le camp adverse, à savoir les Allemands, puisqu’il critique également le manque d’humanité des soldats français « Il a été éclaté par un obus ! Et alors, nom de Dieu ! ». La haine de Céline n’est donc pas dirigée vers un camp particulier, mais vers la guerre en elle-même et la psychologie des soldats, similaires dansles deux camps, pourtant ennemis.
Dans ce passage, l’absurdité d’un système hiérarchique est mise en évidence, notamment dans le dialogue entre le messager et le colonel. Le colonel fait preuve d’un manque d’humanité et de compassion à l’annonce de la mort du maréchal des logis Barousse. Il ne semble pas ressentir de peine par rapport à la mort d’un humain, ni même s’y intéresser. « Et le pain ?demanda le colonel ». Le narrateur exprime alors sa perplexité « Je me souviens bien qu’il eu le temps de dire tout juste : « Et le pain ? » Et puis ce fut tout. » Pourtant lui-même fait preuve d’une cruauté sans limite : « J’ai pensé au maréchal des logis Barousse qui venait d’éclater comme l’autre nous l’avait appris. C’était une bonne nouvelle. Tant mieux ! ».
Il existe une opposition entre lemessager, qui est si bouleversé qu’il ne peut à peine parler « On ne pouvait démêler s’il voulait nous parler ou bien s’il pleurait. » et le colonel. L’auteur, à l’aide d’une métaphore, l’assimile à un « petit chien qui rêve », pour exprimer son innocence et son désarroi : « Ses mâchoires tremblaient si fort qu’il en poussait des petits cris avortés. »
La confrontation entre le messager et...
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