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  • Publié le : 21 mars 2011
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L'amour

Dans son ouvrage Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, J.-J. Rousseau soutient que le « moral de l'amour » (l'exclusivité en amour) est le moyen pris par les femmes « pour établir leur empire, et rendre dominant le sexe qui devrait obéir ». Il affirme : « Or il est facile de voir que le moral de l’amour est un sentiment factice ; né de l’usage de lasociété, et célébré par les femmes avec beaucoup d’habileté et de soin pour établir leur empire, et rendre dominant le sexe qui devrait obéir »[10]. Il ajoute : « L’empire des femmes n’est point à elles parce que les hommes l’ont voulu, mais parce que ainsi le veut la nature : il était à elles avant qu’elles parussent l’avoir » … « Cet empire est aux femmes, et ne peut leur être ôté, même quandelles en abusent : si jamais elles pouvaient le perdre, il y a longtemps qu’elles l’auraient perdu »[11]. Si l'empire des femmes est indubitable leur dépendance à l'égard des hommes est également très grande. Il affirme : « La femme et l’homme sont faits l’un pour l’autre, mais leur mutuelle dépendance n’est pas égale : les hommes dépendent des femmes par leurs désirs; les femmes dépendent deshommes et par leurs désirs et par leurs besoins ; nous subsisterions plutôt sans elles qu’elles sans nous. Pour qu’elles aient le nécessaire, pour qu’elles soient dans leur état, il faut que nous le leur donnions, que nous voulions le leur donner, que nous les en estimions dignes ; elles dépendent de nos sentiments, du prix que nous mettons à leur mérite, du cas que nous faisons de leurs charmes et deleurs vertus. Par la loi même de la nature, les femmes, tant pour elles que pour leurs enfants, sont à la merci des jugements des hommes : il ne suffit pas qu’elles soient estimables, il faut qu’elles soient estimées ; il ne leur suffit pas d’être belles, il faut qu’elles plaisent »[12]. Il soutient également que l'amour n'est qu'illusoire et de la poudre aux yeux. Il affirme : « Et qu’est-ce quele véritable amour lui-même, si ce n’est chimère, mensonge, illusion ? On aime bien plus l’image qu’on se fait que l’objet auquel on l’applique. Si l’on voyait ce qu’on aime exactement tel qu’il est, il n’y aurait plus d’amour sur la terre. Quand on cesse d’aimer, la personne qu’on aimait reste la même qu’auparavant, mais on ne la voit plus la même ; le voile du prestige tombe, et l’amours’évanouit »[13]. Pleinement conscient de cette réalité, il persiste à idéaliser l'amour. Il affirme : « En lui faisant sentir quel charme ajoute à l’attrait des sens l’union des cœurs, je le dégoûterai du libertinage, et je le rendrai sage en le rendant amoureux »[14]. Il ajoute : « Celui qui disait : Je possède Laïs sans qu’elle me possède, disait un mot sans esprit. La possession qui n’est pas réciproquen’est rien : c’est tout au plus la possession du sexe, mais non pas de l’individu. Or, où le moral de l’amour n’est pas, pourquoi faire une si grande affaire du reste ? Rien n’est si facile à trouver »[15]. Pour Rousseau, « la première et la plus importante qualité d’une femme est la douceur »[16] et « le vrai triomphe de la beauté est de briller par elle-même ». Il affirme : « Et tout aucontraire on devrait leur faire entendre que tant d’ajustement n’est fait que pour cacher des défauts, et que le vrai triomphe de la beauté est de briller par elle-même (...) Je ne la louerais jamais tant que quand elle serait le plus simplement mise (...) J’ai aussi remarqué que les plus pompeuses parures annonçaient le plus souvent de laides femmes »[17]. Il croit également « qu'avec l’amour et l’amitiénaissent les dissensions, l’inimité, la haine ». Il affirme : « La préférence qu’on accorde, on veut l’obtenir ; l’amour doit être réciproque. Pour être aimé, il faut se rendre aimable ; pour être préféré, il faut se rendre plus aimable qu’un autre, plus aimable que tout autre, au moins aux yeux de l’objet aimé. De là les premiers regards sur ses semblables ; de là les premières comparaison...
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