Zadig de voltaire

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  • Publié le : 16 février 2010
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VOLTAIRE : ZADIG : CHAPITRE 1 : LE BORGNE

Zadig ou La Destinée est un conte philosophique et oriental écrit en 1747 par Voltaire. Cette forme d’apologue a un double but : divertir le lecteur et le conduire vers un propos moral et philosophique. Pour atteindre ce but, Voltaire schématise les caractères des personnages et simplifie la cause des évènements.

Le chapitre 1 s’ouvre sur leportrait de Zadig qui tend vers un moralisme didactique.
Ce texte est ainsi un conte, qui exprime une satire des mentalités. Nous verrons enfin les thèmes voltairiens.

I L’art du conte
1. Une fiction exotique

Tout d’abord, le conte fournit un masque à la critique portée par Voltaire. Nous sommes en présence d’une fiction exotique. On peut relever la formule introductrice :
-« il y avait », propre au conte,
- le temps « au temps du roi »,
- le lieu « Babylone ».
Le temps verbal dominant est l’imparfait « savait, voulait, vantait … ». L’imparfait renvoie à un passé révolu. Voltaire se sert de l’exotisme pour rendre l’histoire plus plaisante, donc plus efficace. De plus, pour donner un effet de réel, l’auteur mélange invention et fait historique.

On peutpar ailleurs étudier l’onomastique (= science des noms) :
- Babylone : capitalE de la Perse très à la mode après les 1001 nuits.
- Moad se situe entre Bagdad et Jérusalem.
- Zoroastre : réformateur religieux iranien du 7ème siècle. Le proverbe de Voltaire «  Quand tu manges, donne à manger aux chiens, dussent-ils de mordre » est inspiré de celui de Zoroastre « Quand tu manges, mets decôté 3 bouchées pour les chiens ».
- Zadig qui a 2 significations : - > arabe Saddyg : le véridique
- > hébreux Zadik : le juste

2. Un héros désincarné
L’incipit présente le personnage principal. Son portrait est décisif, car c’est lui qui entreprend un voyage initiatique.
A part, son nom, il n’a pas d’identité : on ne connaîtrien
- de son passé,
- ni de sa famille,
- ni de son âge (à part que c’est « un jeune homme »).
Seuls comptent les faits à accomplir. Tout ce qui est dit à une utilité pour construire un personnage qui a va incarner des idées abstraites, comme le mal, la jalousie.
Zadig a peu de variétés psychologiques mais un caractère schématique porté» vers la perfection. Le rythme binaire « né avecun beau naturel fortifié par l’éducation » laisse entendre une alliance entre l’inné et l’acquis.
Par ailleurs, Zadig a une certaine force de caractère et modestie : « il n’affectait rien ; il ne voulait point toujours avoir raison et savait respecter la faiblesse des hommes ». C’est donc un être exceptionnel qui fait preuve d’une grande maturité. La concessive « Quoique riche et jeune » et « ilsavait modérer ses passions » sont là pour montrer qu’il n’en est pas dépourvu, mais qu’il sait les atténuer. On peut d’autre part noter une absence de vanité.

II La satire des mentalités
1. Les incohérences du discours mondain
Après avoir vu en quoi ce texte était un conte, nous verrons ensuite la satire des mentalités. La peinture des intrigues constitue l’essentiel de la critiquede Voltaire dans toute l’œuvre.
Le mot « conversations » placé assez rapidement et mis en italique, est tout de suite déprécié, comme étant la source d’un mauvais jugement : « qu’on appelait … ».
On peut d’autre part relever une longue énumération sous la forme de 5 compléments au verbe « insulter à » : « il n’insultât jamais par des railleries à ces propos si vagues, si rompus, si tumultueux,à ces médisances téméraires, à ces décisions ignorantes, à ces turlupinades grossières, à ce vain bruit de paroles ».
Il y a notamment le champ lexical de la conversation : « propos, médisances, décisions, turlupinades, bruits de paroles ». Derrière ces noms, on peut voir 3 reproches principaux qui sont les conséquences de ces mauvaises conversations : - la malveillance « médisances »,
-...
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