Zola chapitre 4

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  • Publié le : 20 octobre 2010
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Il lui restait à poser un chapiteau de cheminée, une bricole de rien du tout. La blanchisseuse et la concierge demeurèrent sur le trottoir, causant du quartier, surveillant Nana, pour l’empêcher debarboter dans le ruisseau, où elle cherchait des petits poissons ; et les deux femmes revenaient toujours à la toiture, avec des sourires, des hochements de tête, comme pour dire qu’elles nes’impatientaient pas. En face, la vieille n’avait pas quitté sa fenêtre, regardant l’homme, attendant.
— Qu’est-ce qu’elle a donc à espionner, cette bique ! dit madame Boche. Une fichue mine !
Là-haut, onentendait la voix forte du zingueur chantant : Ah ! qu’il fait donc bon cueillir la fraise ! Maintenant, penché sur son établi, il coupait son zinc en artiste. D’un tour de compas, il avait tracé uneligne, et il détachait un large éventail, à l’aide d’une paire de cisailles cintrées ; puis, légèrement, au marteau, il ployait cet éventail en forme de champignon pointu. Zidore s’était remis à soufflerla braise du réchaud. Le soleil se couchait derrière la maison, dans une grande clarté rose, lentement pâlie, tournant au lilas tendre. Et en plein ciel, à cette heure recueillie du jour, lessilhouettes des deux ouvriers, grandies démesurément, se découpaient sur le fond limpide de l’air, avec la barre sombre de l’établi et l’étrange profil du soufflet.
Quand le chapiteau fut taillé, Coupeau jetason appel :
— Zidore ! les fers !
Mais Zidore venait de disparaître. Le zingueur, en jurant, le chercha du regard, l’appela par la lucarne du grenier restée ouverte. Enfin, il le découvrit sur untoit voisin, à deux maisons de distance. Le galopin se promenait, explorait les environs, ses maigres cheveux blonds s’envolant au grand air, clignant les yeux en face de l’immensité de Paris.
— Disdonc, la flâne ! est-ce que tu te crois à la campagne ! dit Coupeau furieux. Tu es comme monsieur Béranger, tu composes des vers, peut-être ! … Veux-tu bien me donner les fers ! A-t-on jamais vu !...
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