Zola

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  • Publié le : 30 mars 2010
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Cinquième partie-chapitre 5
Introduction
Zola fait partie de l’école naturaliste. Il est séduit par la thèse selon laquelle les comportements humains dépendent de l’hérédité et de l’influence du milieu. Il décide de prouver cette hypothèse en écrivant des romans naturalistes. Les plus importants sont ceux que contient le cycle des Rougon Macquart. L’histoire d’une famille qui est poursuivitde tares telles que l’alcoolisme ou l’adultère. Germinal raconte les périples d’un des derniers enfants de cette famille, Etienne Lantier, grâce à qui on découvre l’univers cruel des mineurs. Ces derniers, dans ce cinquième chapitre de la cinquième partie, sont en grève depuis six semaines. Ils vont alors de fosses en fosses pour attaquer ceux qui travaillent encore. Des bourgeois surpris par cedéfilé d’enragés se cachent dans une grange. C’est par le témoignage de ces bourgeois que ce défilé nous est décrit.
Lecture :
Les femmes avaient paru, près d'un millier de femmes, aux cheveux épars, dépeignés par la course, aux guenilles montrant la peau nue, des nudités de femelles lasses d'enfanter des meurt-de-faim. Quelques-unes tenaient leur petit entre les bras, le soulevaient, l'agitaient,ainsi qu'un drapeau de deuil et de vengeance. D'autres, plus jeunes, avec des gorges gonflées de guerrières, brandissaient des bâtons; tandis que les vieilles, affreuses, hurlaient si fort, que les cordes de leurs cous décharnés semblaient se rompre. Et les hommes déboulèrent ensuite, deux mille furieux, des galibots, des haveurs, des raccommodeurs, une masse compacte qui roulait d'un seul bloc,serrée, confondue, au point qu'on ne distinguait ni les culottes déteintes, ni les tricots de laine en loques, effacés dans la même uniformité terreuse. Les yeux brûlaient, on voyait seulement les trous des bouches noires, chantant la Marseillaise, dont les strophes se perdaient en un mugissement confus, accompagné par le claquement des sabots sur la terre dure. Au-dessus des têtes, parmi lehérissement des barres de fer, une hache passa, portée toute droite; et cette hache unique, qui était comme l'étendard de la bande avait, dans le ciel clair, le profil aigu d'un couperet de guillotine.

- Quels visages atroces! balbutia Mme Hennebeau.

Négrel dit entre ses dents:
Le diable m'emporte si j'en reconnais un seul! D'où sortent-ils donc, ces bandits-là?

Et, en effet, la colère, lafaim, ces deux mois de souffrance et cette débandade enragée au travers des fosses, avaient allongé en mâchoires de bêtes fauves les faces placides des houilleurs de Montsou. A ce moment, le soleil se couchait, les derniers rayons, d'un pourpre sombre, ensanglantaient la plaine. Alors, la route sembla charrier du sang, les femmes, les hommes continuaient à galoper, saignants comme des bouchers enpleine tuerie.

- Oh! superbe! dirent à demi-voix Lucie et Jeanne, remuées dans leur goût d'artistes par cette belle horreur.

Germinal - Emile Zola - Extrait de la cinquième partie, chapitre 5
Annonce des axes Commentaire
I. L’arrivée des femmes.
Une impression de multitude :
Elles arrivent d’un seul coup "Les femmes avaient paru" et sont très nombreuses car femmes est répété deux foiset l’adjectif numéral près d’un millier le confirme. Pourquoi apparaissent-elles en premier ? Elles sont toutes concernées par la grève, elles sont affamées, tout comme leurs maris, et se sont elles qui les poussent à faire la grève. De plus c’est un point stratégique : On hésitera plus à tirer sur des femmes.
Quelques traits caractéristiques :
On voit aux caractéristiques physiques des femmesque la misère leur à fait perdre leur pudeur. En effet leurs cheveux sont en désordre, or d’habitude on les attache et on les cache par un bonnet. On insiste sur leur nudité avec le chiasme : "des femmes montrant leur peau nue, des nudités de femmes." Elles sont ainsi animalisées, la misère les déshumanise. On a aussi un glissement de focalisation car c’est Zola qui s’exclame "lasse d’enfanter...
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