Zone appolinaire

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  • Publié le : 4 juin 2012
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COMMENTAIRE SUR « ZONE » Apollinaire



Pbl : Comment le locuteur qui a choisi de placer ce poème en tête de son recueil « Alcools » exprime-t-il sa conception de la modernité.



Idée directrice : volonté d’étonner, de déconcerter. Attention ne pas comparer avec Verhaeren et Baudelaire. Cf. Cocteau qui veut « dépoussiérer les idées reçues »



I. Polyphonie desvoix et des interprétations
1. Multiplicité des énonciations : qui parle ? A qui ?
2. Repères temporels brouillés.
3. Mélange des registres : familier et érudit.



II. Poésie de l’instantanée et du quotidien : le poète veut nous faire entrer dans sa conscience écrivante.
1. Etude de la structure du poème : fascination du quotidien.
2. Eloge de la forme moderne littérature.3. Ambigüité du poète qui allie tradition et modernité et qui nous invite à nous poser des questions sur la religion.



III. Une esthétique poétique proche du cubisme.
1. Destruction géométrique et temporel.
2. Univers marqué par la cacophonie, par la dysharmonie.
3. Images étonnantes qui nous appellent à voir le monde d’une autre manière.



Le recueil Alcool publié en1913 rassemble des poèmes écrits entre 1898-1912 sans ordre chronologique. Il présente un parcours personnel depuis les poèmes de jeunesse jusqu’à Zone. Le poèmeZone fut publié en 1912 dans la revue « Les soirées de Paris » c’est en fait le dernier poème écrit par Apollinaire avant la publication d’Alcool en 1913. Ce poème, d’abord intitulé Le Cri (peut-être par référence au tableau d’EdwardMunch, 1813). A l’origine, le poème était ponctué mais il a corrigé la 1ère édition avant qu’elle soit publiée. En tant que poème liminaire du recueil, Zone étonne et peut revêtir différentes significations (en grec Zone= ceinture qui se referme sur elle-même, aujourd’hui=marginalité, ici peut-être=bande de terrain vague qui entourait les fortifications de Paris). C’est aussi le lieu de la marginalitésociale et esthétique, Zone renvoie en effet à des lieux inexplorés. Ce poème se présente en marge du recueil Alcool, en marge de la poésie traditionnelle. Le terme peut renvoyer à la périphérie des villes, à l’urbanisme moderne, comme aussi à la poésie moderne.

En quoi ce début de poème, les 24iers vers, peuvent-ils ce lire comme l’affirmation d’un nouvel art poétique ?

Nous étudierons lapolyphonie des voix et des interprétations. Nous analyserons la poésie du quotidien et de l’instantanée pour mieux dans la 3ième partie caractériser l’esthétique nouvelle.



CCL :

Les 24iers vers de Zone nous révèlent parfaitement la nouvelle esthétique apollinarienne. En promenant dans Paris, d’un œil curieux, observateur, le locuteur comme une ceinture qui se renferme sur elle-mêmeselon l’étymologie de « zone », se livre à une investigation esthétique qui crée un langage poétique nouveau. Le poème apparaît en effet comme l’acte de naissance de la modernité poétique. Par la nouveauté du regard qu’il pose sur le monde, il fait jaillir la puissance poétique enfouie dans les objets les plus quotidiens de la modernité. De plus, il met en place une nouvelle forme de lyrisme, quidonne une tonalité intime à cette déambulation dans les rues de Paris, et ce poète par ses libres associations, ses images insolites, il transfigure le monde et se rapproche des peintres cubistes (ex. Picasso)



I. Polyphonie.
1. La multiplicité des interprétations.



Le poète par une auto-interpellation qui ressemble à un brusque sursaut, a une soudaine prise deconscience qui ancre le poème dans la modernité. « A la fin tu es las de ce monde ancien ». Le locuteur se met en scène face à lui-même dans un climat de très grande liberté, voire de désinvolture puisqu’au vers 2, le poète invoque la Tour Eiffel puis de nouveau au v.3 il revient à lui-même (ceinture) pour affirmer sa lassitude. Au v.7 le poète interpelle le christianisme puis au v.8 il s’adresse...
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