Zone

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  • Publié le : 31 mars 2010
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Apollinaire, Alcools, Zone, vers 1-24

Introduction

Ce poème fut publié en décembre 1912 dans la revue Les Soirées de Paris. C’est en fait le derniers poèmes écrits par Apollinaire avant la publication d’Alcools en 1913 ; ce poème, d’abord intitulé « Cri », a été mis en tête du recueil pour le placer sous le signe de la modernité et d’une esthétique nouvelle.
Le titre : plusieurs niveaux designification :
Etymologie : ceinture
▪ Marginalité : zone = bande de terrains vague qui entourait les fortifications de Paris ; lieu de marginalité sociale (cf sens moderne du mot) ; poème en marge du recueil Alcools ; poésie en marge de la poésie traditionnelle. Zone renvoie justement à des lieux inexplorés.
▪ Urbanité et modernité : périphérie des villes. Renvoie à un urbanisme modernecomme le poème renvoie à une poésie de la modernité.

Poème qui peut se lire comme l’affirmation d’un art poétique, du moins pour le début que nous allons étudier ; dans son ensemble peut se lire comme un parcours autobiographique et poétique.

I- Une revendication de nouveauté

Dans la forme

▪ Organisation du texte :
- pas de forme fixe, ni de structure strophique : 3 vers isolés + untercet + strophe de 8 vers + strophe de 10 vers. (ensemble du texte Zone construit sur cet effet crescendo/decrescendo). Les 3 premiers vers évoquent le thème de la nouveauté dans le contexte d’un paysage urbain. La première strophe évoque la religion et la modernité ; la troisième la vie urbaine.
▪ Absence de ponctuation :
- Ôte au poème une certaine logique formelle ; force le lecteur àtrouver son propre rythme et donc lui donne un plus grand rôle à jouer dans la lecture du poème. L’absence de ponctuation favorise aussi le libre jeu des associations.
▪ Les vers : Vers libres :
- longueurs variées : la longueur inhabituelle de certains vers rapproche la poésie de la prose (vers 11 de 15 syllabes, vers 13 de 18 syllabes), ce qui met à mal les repères rythmiques classiques ;- liberté de rimes : le plus souvent associations en distiques ; rimes pauvres (1/2, 5/6, 9-10, 11-12) suffisantes (3/4), assonances (10-11, 16-17).
( Donc impression de liberté et de modernité formelle.

Le refus de la tradition

▪ Paradoxe des premiers mots en début de poème « à la fin » : poème qui se revendique comme une rupture, la fin d’une époque et d’un monde (monde ancien,antiquité grecque et romaine = références du monde classique).
▪ Revendication ferme : « tu es las », formulation classique # « tu en as assez », formulation plus moderne, niveau de langue familier : crescendo dans la revendication.
▪ Opposition forte de l’ancien (ancien, ancienne, antiquité, antique) et du moderne (moderne, neuve)
▪ Temps verbaux et indices temporels du présent : ce matin x 3 ;matin, célébration du renouveau du jour.

L’intégration de la modernité

▪ Célébration lyrique de la Tour Eiffel en ouverture, comme une muse nouvelle ; symbole de modernité souvent intégré dans la peinture contemporaine (Delaunay). Nouveauté de la forme, de la matière, et gratuité de la fonction : objet qui ne sert à rien.
▪ Modernité des lieux, qui redoublent le « ici » del’énonciation : hangars de Port Aviation, rue industrielle.
▪ Modernité des objets : automobiles, hangars
▪ Le monde industriel et professionnel : directeurs ouvriers belles sténo dactylographes
▪ Nouveaux supports textuels : prospectus catalogues affiches journaux, livraisons à 25 cts
On sait que ces supports sont aussi intégrés à la peinture par artistes nouveaux : collages de journaux dans lestableaux de Braque et de Picasso, affiches peintes par Toulouse Lautrec, les Delaunay. Apollinaire transfigure ces supports du langage quotidien en supports d’un nouveau langage poétique : termes qui appartiennent aux registres littéraires : chantent, poésie, prose, « aventures policières » (qui rime avec divers qui rappelle l’origine de ces aventures qui est le fait divers) (NB : rime irrégulière...
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