A quoi l'homme doit il renoncer pour vivre en société

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  • Publié le : 23 avril 2014
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La société désigne un ensemble d’institutions garanties par l’Etat, grâces auxquelles les hommes collaborent, échangent des services. Etant des individus qui ne sont pas auto suffisants, cette association leur permet de survivre et de subvenir à leurs besoins. La société n’est cependant pas quelque chose de naturel et vivre en communauté résulte d’un choix, un acte volontaire. Mais vivre ensociété ne nous éloignerait-il pas de notre vraie nature, nous poussant à en abandonner certains aspects ?

La société conditionne l’homme et pour y vivre ce dernier doit faire des sacrifices. Tout d’abord, il doit abandonner une partie de son animalité. En effet, comme nous le montre Rousseau dans le chapitre huit du Contrat social, l’homme cesse de se fier à son instinct. Ses actions auparavantassurées deviennent alors hésitantes. D’autre part, vivre en société implique de se soumettre aux institutions établies par l’Etat, ce qui entraîne une attitude d’obéissance de la part de tous les citoyens et donc une limitation de leur liberté, une certaine soumission. Or, à l’état de nature, chacun pouvait jouir de sa liberté naturelle, il n’existait aucune contrainte. De plus, l’homme doitaussi se détacher de ses droits naturels, tel que nous le souligne Hobbes dans Léviathan. Pour accéder au pacte social, soit l’origine et le fondement même de toute communauté politique, l’homme renonce donc à son pouvoir, sa force, sa volonté et son jugement et se soumets alors à une autorité supérieure, aux lois. Il semble alors perdre en autonomie. L’adhésion à la société apparaît donc d’abordcomme une contrainte, modifiant la nature humaine.

Cependant, ces sacrifices ne sont pas inutiles puisque l’individu y gagne une nouvelle forme de liberté. En effet, la vie en société permet à l’homme de se redécouvrir. Selon Rousseau, l’homme évolue et acquiert de nouvelles facultés qu’il n’aurait pu développer à l’état naturel. Par exemple, cesser de se fier aveuglément à son instinct luipermet de réfléchir avant d’agir, ainsi que de prendre en considérations les conséquences de ses actes. Il développe donc sa raison, son intelligence et même le sens de la justice et du devoir. En outre, si le contrat social peut être perçu comme limitant la liberté de chaque individu, il garantie cependant la sécurité selon Hobbes. Effectivement, puisque chaque membre de la société a souscrit aucontrat social, chacun est régit par le même gouvernement et donc les mêmes lois. Ces dernières nous empêchent de constituer une menace pour autrui et donc personne n’est à craindre. La loi nous permet donc de bénéficier d’une nouvelle forme de liberté puisqu’alors il n’y a pas à redouter d’être attaqué, contraint à l’asservissement, voire même d’être tué. Contrairement à l’état de nature oùcertes chaque individu possède une liberté totale, chacun peut être exposé à la violence des autres puisque cette liberté n’est assurée par aucune forme d’autorité. Cette liberté semble donc n’être qu’illusion alors que dans un état civil où demeurent des lois, si quelqu’un attente à la liberté ou aux droits d’autrui, il s’attaque aussi à l’Etat qui est alors à même d’utiliser la force et de prévaloirsur n’importe quel homme. De plus, le fait de s’engager dans la société relève d’un choix, et donc par définition, affirme la liberté de l’individu. La société permet donc le développement ou la création de certaines capacités intellectuelles ou morales ainsi que l’acquisition d’une forme de liberté inconnue jusqu’alors. Cependant Rousseau indique qu’il est aussi possible que la sociététransforme l’homme de manière défavorable.

En effet, il serait maladroit de ne prendre en compte uniquement les transformations positives que la société entraîne sur l’homme. Celle-ci peut être à l’origine de différents abus entraînant une modification insidieuse de l’homme, comme le souligne implicitement Rousseau dans le Contrat social. Il développe cette idée dans le Discours sur l’origine et les...
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