A. steinberg

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  • Publié le : 13 avril 2011
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Avant propos

Bien que ce recueil de souvenirs soit destiné à mes petits-enfants, j’ai reculé devant le travail considérable auquel j’aurais du me livrer pour pouvoir remettre un fascicule à chacun d’eux.

C’est donc à cinq exemplaires que je me suis limité, un pour chaque ménage, un pour Antoinette, un pour moi-même.

Je demande donc aux dépositaires de m’accorder la plus grandeindulgence car ils retrouveront, dans ces lignes, bien des histoires que je leur ai racontées à maintes reprises.

Je n’ai pas observé un ordre chronologique rigoureux, mais je crois que cela n’a pas d’importance.

J’ai dressé deux arbres généalogiques, l’un de mon côté, l’autre du côté de mon épouse. C’est un travail assez compliqué et c’est pourquoi, volontairement, ces tableaux ne sontpas complets, mais vous y retrouverez, en tous cas, les noms de tous ceux dont vous avez entendu parler. Quant aux jeunes générations, plus au courant que moi, vous pourrez compléter les noms qui manquent.

Enfin j’ai ajouté la liste chronologique des principaux endroits où nous avons été depuis notre mariage. Peut-être en ai-je omis, peut-être y a-t-il des inexactitudes en ce qui concerneles enfants qui nous ont accompagnés ou non, mais les dates indiquées sont tout à fait exactes.

Il me reste à vous embrasser tous, en vous souhaitant de trouver quelque plaisir à me lire.

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Mes chers petits-enfants,

C’est à vous que je destine ces pages, pour vous éviter de connaître les mêmes remords et les mêmes regrets que moi-même. Il est vrai que, pour la plupart d’entre vous, vous avez eu la joie de connaître vos grands-parents, alors que mes deux grands-pères étaient morts lorsque je suis venu au monde, que ma grand-mère paternelle, Antonie (c’est pourquoije m’appelle Antony et une de mes cousines Antonia), est décédée un an à peine après ma naissance. Ce n’est donc que de ma grand-mère maternelle que j’ai conservé le souvenir, car j’avais plus de trente ans lorsqu‘elle nous a quittés.

Mes regrets, c’est de n’avoir jamais su quelle activité avaient eu mes grands-parents. Mes remords, c’est, avec la grande insouciance de la jeunesse, de n’avoirjamais questionné mes parents à ce sujet.

C’est pourquoi j’ai décidé de rassembler ici quelques souvenirs pour que, plus tard, vous puissiez vous y reporter pour connaître un peu la vie des générations qui vous ont précédées.

I. Ma famille – Souvenirs d’enfance – Etudes

Ma grand-mère est née en Russie, je ne sais où, en 1840 probablement, car elle n’a jamais été très fixée sur sadate de naissance. J’étais très impressionné à la pensée qu’elle avait vécu sous Louis-Philippe, ce qui, pour moi, était la nuit des temps. Je ne réfléchissais pas, d’ailleurs, qu’elle vivait en Russie et que ce qui se passait alors en France ne devait pas beaucoup préoccuper ses jeunes années.

Nous l’aimions beaucoup. Elle nous gâtait terriblement et, avec toute l’affection que nous luiportions, nous reconnaissions que c’était un drôle de numéro, très pince sans rire, ainsi que vous le montreront certains épisodes.

Elle était née Hartenstein et avait épousé un Exelbirth. Elle se prénommait Dorothée, en russe Dora, et nous disions qu’elle aurait du s’appeler Adorée. Elle avait un frère, Léon Hartenstein, né vers 1855. C’était donc l’oncle de ma mère, née en 1860, mais la faibledifférence d’âge entre eux faisait qu’ils se considéraient plutôt comme compagnons de jeux que comme oncle et nièce. Maman l’appelait de son nom russe Liowa, tandis que nous, respectueusement, nous l’appelions Oncle Léon. C’était également un numéro, mais dans un tout autre genre que sa sœur. Autant Grand-Maman avait l’allure bohème et le visage souriant, autant Oncle Léon, toujours tiré à...
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