B. ghalioun, le malaise arabe

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  • Publié le : 19 avril 2011
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Fiche de Lecture :
B. Ghalioun, Le Malaise Arabe, l’Etat contre la Nation.

Burhan Ghalioun est le directeur du centre d’Etude sur l’Orient Contemporain (CEOC) à Paris et un professeur de Sociologie Politique à l’Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages qui font référence tels que Le Malaise Arabe: l’Etat contre la Nation; Islamet Politique: la Modernite Trahie; Crise de la Politique: l’Etat et la Religion et La Culture Arabe: Entre Modernisme et Traditionalisme, en plus d’une centaine d’articles scientifiques sur l’Islam politique, la culture de la politique dans le monde arabe et les relations entre l’Etat et la Société.
Son livre Le malaise arabe : l’Etat contre la Nation, publié en 1991, est divisé en deuxparties : L’Etat contre la Nation et une postface assez conséquente qui traite plus particulièrement des solutions qu’il envisage pour le monde arabe et la communauté internationale à travers l’exemple de la première guerre du Golfe. Il s’interroge dans son livre sur la raison d’être profonde et sur l’origine d’un Etat, en d’autres termes, pourquoi à telmoment, en tel lieu il y a tel Etat. D’une manière plus générale, il s’interroge sur la nature de l’Etat arabe contemporain, son action, ses forces animatrices, pour savoir si il s’agit d’un Etat traditionnel, sultanique et religieux, ou d’une organisation historique nouvelle. Dans son introduction, l’auteur dit aussi vouloir « rompre avec la littérature politique actuelle opposantsystématiquement société civile et Etat ».
D’une manière plus générale, et ce, à travers toute son œuvre, B. Ghalioun expose une théorie fondée sur l'absence d'un conflit entre la religion et l'Etat avant l'apparition des religions monothéistes. Il essaye de trouver les conditions historiques, matérielles et morales qui expliquent l'apparition des doctrines et leurs influences sur la transformationsociale générale.
Son ouvrage, paru en 1991 se concentre sur les raisons de l’échec du nationalisme arabe et établit un pronostic pour les décennies à venir. Avec le recul dont le lecteur dispose et les grands évènements qui ont eu lieu depuis 1991, il est d’autant plus intéressant d’étudier ce qu’avait prédit ou recommandé B. Ghalioun.

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B. Ghalioun insiste tout d’abord sur ce quilui paraît être une conception dominante dans le monde arabe. Pour lui, la prise de contrôle de l’Etat est la condition pour le contrôle de l’ensemble du devenir national, d’où la place centrale qu’occupe la notion d’Etat dans les débats politiques. Il donne alors sa définition d’un Etat et l’identifie comme un nœud de relations complexes nationales et internationales, civiles et politiquesculturelles et matérielles à la fois.
Dans son ouvrage, il détermine 3 niveaux d’analyse de cet Etat :
* Sa raison d’être, son historicité : ce qui provoque la création de l’Etat.
* La structure matérielle du pouvoir : l’appareil et le dispositif dans lequel le pouvoir cherche à s’incarner pour réaliser ses objectifs.
* La source de légitimité de l’Etat, la raison de son fonctionnement :c’est ce qui permet de faire la différence entre état démocratique et despotique.
Pour lui, l’Etat doit avant tout se doter de 3 éléments inséparables pour être viable: l’organisation, le programme politique et le système de légitimation.
Dans la première partie de son ouvrage, « l’émergence d’une nation », il insiste sur le fait qu’entre le VIIe et le Xe siècle, les arabes n’ont plus eu de rôlepolitique car ils ont écartés du pouvoir par les conquérants des provinces (mongols, turcs, ..). Ils perdent alors l’intelligence politique et la pratique du pouvoir. Ils perdent leur identité et sombrent dans l’oubli. Ghalioun date cette période comme le début de la « décadence » du monde arabe.
Le XXe siècle est alors l’âge d’or du monde arabe et signe sa « renaissance », l’auteur parle...
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