C'est pas moi, je le jure ! - bruno hébert - lettre

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Montréal, 12 janvier 2011

À qui de droit,

Je, archiviste de l’hôpital Sainte-Justine faculté de psychiatrie, atteste une anomalie bureaucratique dans le dossier de Léon Doré. En effet, deux dossiers du même nom ont été trouvés dans nos archives. Nous allons donc vous faire part de leurs ressemblances et différences afin que vous puissiez déterminer ce qui concorde le plus avec vosfichiers, au gouvernement. Vous remarquerez que les deux rapports décrivent l’enfance de Léon Doré soit, ce qu’il a vécu, ce qu’il a imaginé, bref, tout ce qui englobe les où, quand, qui, quoi, comment et pourquoi de cette période d’enfance troublée, notamment, comme vous verrez, par la rupture conjugale de ses parents. Ils ont tous deux été rédigés par le docteur Jean, spécialiste de l’aile de caslourds psychiatriques de l’hôpital Sainte-Justine.

Commençons par l’univers temporel dans lequel Léon a évolué. Dans le premier rapport, beaucoup plus détaillé, Léon nait en juillet 1958. Dans ce même rapport, il y a des passages de la vie de Léon qui s’étirent sur une période équivalente à une décennie. Force est de constater que les repères culturels évoqués dans celui-ci concordent avecl’époque mentionnée ; Léon a 10 ans en 1968. Effectivement, la télévision couleur, apparue dans les années 1960, le lait délivré par le laitier, la religion ubiquiste, les « stations wagons », la gomme Bazooka très tendance chez les jeunes, authentifient l’époque. Dans le deuxième rapport, débutant durant la période critique de la vie de Léon (1968), plusieurs éléments sont similaires. Parexemple, le camion du laitier est présent, la télévision de Léon est en noir et blanc (toutefois, la télévision couleur est inventée), M. Marinier fume la pipe, Mme Marinier possède un manteau de fourrure à la mode, ce qui confirme l’époque que sont les années soixante. Aussi, comme pour le premier rapport psychiatrique, la religion prépondérante, la station wagon, tous deux représentés en figure Ici-dessus (page précédente), extraite du second dossier, nous illustrent à nouveau cette décennie prospère économiquement. En comparant, nous observons que les deux sources sont justes en ce qui a trait à l’époque où vivait Léon. D’ailleurs, il n’y a que très peu de différences entre les repères culturels des deux sources et leur époque connexe. En fait, ce qui les différencie est le souci du détaildu Docteur Jean : le premier rapport comporte plus d’éléments d’époque que le second. Ce dernier reste beaucoup plus évasif en ce qui concerne les repères culturels, ils sont moins évidents.

Poursuivons avec une comparaison des univers matériels dans lesquels évolue Léon Doré. Dans le premier rapport, il est indiqué que Léon habite le 220 montée Grandbois, dans le second son lieu derésidence n’est pas indiqué, or, il habite un modeste bungalow qui pourrait bien être le même que dans la première source. Il y a plusieurs lieux décrits et visités par Léon Doré comme la maison des Marinier, la maison des Dupré, le cimetière, l’hospice, l’hôpital Sainte-Justine, rue de l’Anse, le champ de blé d’Inde, le champ des Dalles. On dénote des différences assez majeures entre la première sourceet la seconde. En effet, dans la première le champ de blé d’Inde n’est qu’un raccourci emprunté par Léon Doré et Clarence Levent, dont je parlerai plus tard, par contre, dans la deuxième, il s’agit de l’emplacement où ces deux derniers personnages ont élu un campement secret, imagé par la figure II ci-contre. Ensuite, le champ des Dalles est inexistant ou non mentionné dans le second dossier surLéon Doré. Idem pour le cimetière, mentionné que dans le premier rapport. Le contraire arrive aussi, par exemple, le salon de quilles n’est mentionné que dans le deuxième rapport. N’oublions pas de mentionner que la Grèce est beaucoup plus importante dans ce même rapport. Enfin, je me permets de douter que la rue de l’Anse et la rue du Portage soient homonymes, énoncées respectivement dans le...
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