I. la fonction de l’individu fait sa place dans la société.

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  • Publié le : 3 décembre 2009
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I. La fonction de l’individu fait sa place dans la société.

On a traditionnellement trois grandes fonctions ; c’est la tripartition fonctionnelle :
prier et instruire,
combattre et rendre la justice,
produire et reproduire des produits.

Ces trois fonctions correspondent respectivement aux trois ordres de la société ; le clergé, la noblesse et le tiers-état.

Le tiers-état est uneexpression apparue au XVème siècle alors qu’auparavant, on parlait de bourgeoisie car au fond, la paysannerie est considérée comme politiquement représentée par les seigneurs. Les paysans n’existaient pas en tant que tels et n’avaient donc pas de représentation politique. A partir du XVème siècle, le tiers-état est un ensemble disparate.

Au début du XIème siècle (capétiens), ADALBERON, évêque dansla ville de Laon, dans un poème au Roi Robert II dit le Pieux, ainsi que Gérard de Cambrai, évêque également, dégagent l’idée que la société comporte deux grandes catégories : les clercs et les laïcs. Au sein de cette seconde catégorie, il y avait les nobles et les serfs.
C’est la première étape de l’analyse de la société.

Puis cette analyse est peaufinée par la reconnaissance de l’existence defonctions caractéristiques des besoins d’une société. Pour vivre il faut produire et pour produire, il faut protéger de l’extérieur et rendre la justice.

Ces trois fonctions sont très rapidement analysées comme étant indissociables. Pour autant, elles sont hiérarchisées (justice distributive).

Il s’agit d’une société profondément anti-individualiste qui applique le principe de laréversibilité des mérites selon lequel les mérites des uns compensent les fautes des autres (le sacrifice n’est jamais vain). C’est très important au niveau de la prière.
Le monde, tel qu’il a été créé par Dieu est harmonieux alors que les péchés des hommes sont dysharmonieux.

Le principe de la réversibilité des mérites, qui implique une responsabilité individuelle vis-à-vis des autres, est une notioncombattue à partir du XVIème siècle, notamment par le protestantisme et, en particulier, par le calvinisme.
Celui-ci introduit la prédestination selon laquelle Dieu choisit qui réussit ou non.

Lorsque l’on appartient à l’une des catégories sociales, ce n’est pas en raison de la nature humaine mais de la fonction remplie :on passer d’une catégorie à une autre.
L’appartenance à l’un de cesdifférents ordres donne une place plus ou moins élevée dans la société. La hiérarchie sociale est liée à la plus ou moins grande importance que l’on reconnaît aux fonctions sociales.
Pour autant, on affirme par ailleurs l’indissociabilité de ces trois ordres.

II. La vision organiciste de la société.

Ces différentes fonctions sont les différents aspects d’un même corps. C’est un organisme vivantà la tête duquel il y a le Roi qui est la tête des deux ordres que sont les clercs et les laïcs.
Par comparaison avec un corps, le clergé représente le cerveau, la noblesse le cœur et le tiers-état les intestins et le foie.

Le clergé représente le cerveau en raison de la réflexion, l’élévation à laquelle il aspire ; la noblesse représente le cœur par la vaillance et le don de soi ; et letiers-état représente les intestins pour leur fonction de régulation de l’organisme.

Comme dans un corps humain, ce sont donc des fonctions complémentaires et à la fois indissociables car elles sont indispensables à l’existence et à la vie sociale.

Mais il faut se demander où se situe le Roi ?
Le Roi est laïc mais il en même temps sacré ; ce n’est donc plus véritablement un pur laïc mais ce n’estpas pour autant un clerc car l’Eglise a rapidement précisé que le sacre n’est pas un sacrement mais un sacramentel.
Le Roi n’est pas un clerc mais pour autant, il a reçu l’onction, a été distingué parmi les laïcs. On considère donc qu’il n’est plus un pur laïc et qu’il a certaines prérogatives comme communier sous les deux espèces ; le pain et le vin.

Pour les catholiques, l’eucharistie...