J'ai mal a ma mere

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  • Publié le : 24 mars 2011
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La situation clinique

Arrivé à l’ITEP il y a quatre ans, Kevin, 14 ans, a vécu sur les trois groupes d’internat : les petits (Rappeurs), les moyens (Dragons) et les grands (Titeufs).
Kevin vit la semaine à l’ITEP, et va le week-end en famille d’accueil.
Il voit sa mère un samedi sur deux. Sa mère ayant une quarantaine d’années, s’est mis en concubinage avec son ami qui a la vingtaine, ilsont eu un enfant qui n’a besoin d’aucune mesure de protection. Les samedis, Kevin les passe a jouer à la console avec l’ami de sa mère.
Kevin n’a que très peu de contact avec son père, il vit à Paris, et ne le voit pas souvent. Son père lui fait des promesses qu’il ne tient pas : comme le prendre pendant les vacances… et au dernier moment, il l’appelle pour lui dire qu’il ne peut pas le recevoir.Quand Kevin était enfant, son père exerçait des violences sur lui.
Kevin est un jeune homme pas propre sur lui, le nez coulant, avec une odeur corporelle conséquente, ses mains et pieds sont noirs de saletés.
C’est un jeune homme constamment dans la provocation, ce qui provoque le rejet des autres du groupe. Il les insulte, les provoque, et pourtant essaie d’intégrer leur groupe. A table il valeur chercher la moutarde, le pain…Et nous, il nous fait des doigts d’honneur, nous repousse, et nous répond constamment.
Il prend un traitement, du risperdal : Un cachet et demi matin et soir.

Kevin a beaucoup de mal à s’intégrer, et, étant physiquement grand et costaud, il s’était inscrit dans une dynamique violente tendant à « violenter » les plus faibles.
Dans son discours, il idéalisaittoujours les plus forts et les plus rebelles dans le but de les imiter et de se sentir supérieur.
Quand il est arrivé sur le groupe des Titeufs, il a trouvé ses idéaux, seulement, il ne faisait pas le poids face à eux, physiquement. Il a du trouver une approche pour essayer de s’intégrer à leur groupe. A table, il allait leur chercher les condiments, allant même jusqu’à les servir.

Lors derepas, il baisse sa tête pour se rapprocher au plus près de son assiette, et mange goulument, en s’en mettant plein le visage.

Kevin, quand il me sollicite, je dois faire énormément d’efforts pour aller vers lui. Je n’ai aucune accroche avec lui, il n’a pas de passion, il ne parle que peu, et, quand il s’exprime il raconte des événements vécus par d’autres à la télévision ou par ses pairs. De cefait, quand il me demande un jeu de console et de venir jouer avec lui, je fais un effort pour y aller, je commence à jouer et quelques minutes après, il va m’insulter, me bousculer et me faire des gestes obsènes.

Durant plusieurs jours après la rentrée de septembre, Kevin n’a pas cessé de m’insulter et de me provoquer. Il était constamment dans la fuite du dialogue, il partait lorsque j’essayaisde parler avec lui. Parfois il montait dans sa chambre pour enfiler son blouson noir, il mettait la capuche sur la tête et sortait du bâtiment. J’ai essayé de nombreuses fois de discuter avec lui mais j’avais vraiment le sentiment que ça ne fonctionnait pas. Lorsque je lui demandais quelque chose, il faisait l’inverse, lorsque je disais quelque chose, il disait l’inverse. Il était constamment dansl’opposition. Par exemple, à table, je tenais à mettre en place un comportement correct, et lui, il me regarde en en mangeant bruyamment, avec ses mains, en en mettant partout. Malgré mes remarques, il continuait.
Le lendemain au alentour de 17h nous nous sommes installés sur une table à l’extérieur pour prendre le goûter. Kevin est monté en pression rapidement et alors que les autresquittaient la table, Kevin s’est approché de moi en m’insultant tout en me menaçant de me « casser la gueule » (sa phrase exacte était : « de toute façon je vais te casser la gueule »). J’avoue que là j’ai vraiment pris sa provocation au sérieux et avec un certain recul je pense qu’il avait trouvé ma limite. Alors qu’il s’approchait de moi je l’ai attrapé par le bras, et l’ai entraîné dans le bureau....
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