L’état de nature de l’homme (6)

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  • Publié le : 13 avril 2011
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C’est précisément à partir d’une philosophie rigoureusement mécaniste que Thomas Hobbes développe sa conception de la nature humaine. L’homme à l’état de nature est un individu jaloux de sa distinction. La rivalité, la méfiance et la fierté, qui manifestent un souci extrême du profit, de la sécurité et de la réputation personnelles sont les passions nécessaires de tout un chacun. La conduite del’homme résulte d’un jeu de forces mécaniques et d’une soumission aux passions, lesquelles le tiraillent au point que l'homme devient à la fois source et objet de violence. Il cherche à se rendre maître d’autrui, à le conquérir par la violence ou par la ruse.
Cet état de nature sans droit règne en cohabitation avec le désir permanent de l’homme de disposer d’une certaine sécurité, et la nécessitéd’échapper à la mort. Car dès lors qu’il s’autorise à être violent il s’offre du même coup à la violence d’autrui.
Une autre passion limite l’homme, selon Hobbes, c’est la peur de la mort. Il dit que sa mère a enfanté deux jumeaux : “moi-même et la peur.”
Hobbes envisagerait-il l’homme comme a-sociable, voire comme on l’a dit “méchant” de nature ? En tout cas les hommes ne sont pas faits pour vivreensemble. Il fait sienne la formule : “L’homme est un loup pour l’homme”. Sa lecture du droit naturel est une lecture physique. Les hommes seraient dotés d’une force qui leur permettrait de vivre selon cette force.
Pour Hobbes ni la méchanceté ni la bonté ne peuvent prévaloir sur la décision de ce qui est bien ou de ce qui est mal. L’homme est innocent. Mais si l’on laisse libre cours à sa nature,on aboutit à une situation impossible. Chacun promeut son intérêt personnel, y engageant sa force, mû par ses désirs. D’où l’état de guerre conséquent. Cet état-nature est le produit de la passion des hommes. Pour Hobbes comme pour Spinoza, l’état de nature est lieu de lutte pour la survie. Ainsi est justifié le primat de la sécurité. La liberté vient en second. Ce que Rousseau contestera : "lavie ne vaut rien s’il n’y a pas la liberté". De la liberté et de la sécurité quelle est la valeur inaliénable principielle ? Si Rousseau déclare que c’est la liberté — “La liberté ou la mort!”—, Hobbes donne le primat à la sécurité, à la vie. Devant cette alternative, La Boétie présente l’esclave, qui peut n’avoir pas envie de se révolter, et préfère se réfugier et assurer sa sécurité dansl’aliénation (7).
La dialectique de la nature humaine se construit sur deux passions : la domination de l’autre, et la préservation de sa propre existence. Ces deux antithèses peuvent-elles déboucher sur une sphère de conciliation ? Hobbes, en tout cas, s’attache à résoudre cette contradiction.

AUTRUI
l’autre, le prochain par rapport à soi.
les autres en général.
Autrui, médiateur entre moi etmoi-même
1) « Autrui est visage »
Le regard d’autrui constitue une réalité: il suffit de marcher dans la rue pour s’en apercevoir et comprendre que autrui est « inévitable », c’est-à-dire qu’il est présent, qu’on le veuille ou non. Le visage, le regard d’autrui est une première confrontation [invitation même à la communication]. Pour E. Levinas, « la peau du visage est telle qui reste la plus nue, laplus dénuée »: le visage, toujours exposé, constitue une sorte d’invitation la violence, et impose donc une exigence du respect.
2) Autrui est autre que moi et un autre moi
Il faut distinguer « autrui » et « autre »: tout ce qui est autre que moi (le monde des objets) n’est pas nécessairement autrui que je reconnais comme un sujet. Martin Buber explique que le « tu » n’est pas « cela » mais estaussi un « je »; le problème étant que chaque « je » risque de considérer l’autre comme un pur « cela ». Hegel montrait que le premier rapport à l’autre résidait dans le fait de le nier comme autre donc de le chosifier. D’où l’importance du regard, souligné par Sartre dans Huit-clos où les personnages sont éternellement exposés au regard de l’autre et enfermés dans leur regard. (Extrait...