L'éloge et le blâme au temp de racine

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Séquence : l’éloge et le blâme au temps de Racine. GT
Objets d’étude : l’éloge et le blâme. : argumenter, persuader, convaincre : le mouvement littéraire. Objectifs : étudier le genre épidictique, définir les registres, revoir le genre du portrait. Perspective secondaire : analyser l’image, organiser une sortie au musée Jean Racine à La Ferté-Milon. Le genre épidictique ayant fait l’objet denombreux textes au XVIIe siècle, il semblerait pertinent de relier cette étude aux représentations de Racine, bustes et portraits, que la classe pourra voir lors de la visite à La Ferté-Milon. Cette séquence pourra être intégrée dans une progression pédagogique après avoir étudié la tragédie racinienne par le biais d’une œuvre intégrale, par exemple. Les extraits choisis ici proviennent de la sourcesuivante : http://gallica.bnf.fr/ Plan de la séquence : Séance Séance Séance Séance Séance : Lecture analytique, l’oraison funèbre. : Lecture analytique, Arrias ou le blâme. : Lecture analytique, épître à M. Racine. : Lecture analytique, l’éloge paradoxal. : Activités en module, Ecriture. Séance 6 : Lecture de l’image, les représentations des hommes célèbres. Séance 7 : Sortie pédagogique, Lecturede l’image. Séance 8, 9, 10. Bilan, évaluation et correction. Seules les séances 8 et 10 ne sont pas développées. Entre 9 et 1 2 heures, sans la sortie. 1 2 3 4 5

Séance n°1 : l’oraison funèbre.
Objectifs : définir l’éloge funèbre, étudier les figures contribuant à valoriser un personnage. Bossuet (1627/1704), ordonné prêtre en 1652, connaît la célébrité en tant que prédicateur après soninstallation à Paris en 1659. Son succès lui vaut de devenir le précepteur du Grand Dauphin en 1670, c’est-à-dire, du fils de Louis XIV puis académicien en 1671. Il regrette ici la perte d’Henriette d’Angleterre (morte à 26 ans) qu’il a accompagnée lors de son trépas. On peut ressentir dans ce texte les sentiments personnels de l’auteur.

Ô nuit désastreuse ! ô nuit effroyable, où retentit tout àcoup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : madame se meurt ! Madame est morte ! Qui de nous ne se sentit frappé à ce coup, comme si quelque tragique accident avait désolé sa famille ? Au premier bruit d'un mal si étrange, on accourut à Saint-Cloud de toutes parts ; on trouve tout consterné, excepté le coeur de cette princesse. Partout on entend des cris ; partout on voit la douleuret le désespoir, et l'image de

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la mort. Le roi, la reine, Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est désespéré ; et il me semble que je vois l'accomplissement de cette parole du prophète : le roi pleurera, le prince sera désolé, et les mains tomberont au peuple de douleur et d’étonnement. Mais et les princes et les peuples gémissaient en vain ; en vain monsieur,en vain le roi même tenait madame serrée par de si étroits embrassements. Alors ils pouvaient dire l’un et l’autre, avec saint Ambroise : Stringebam brachia, sed jam amiseram quam tenebam ; je serrais les bras ; mais j'avais déjà perdu ce que je tenais. La princesse leur échappait parmi des embrassements si tendres, et la mort plus puissante nous l'enlevait entre ces royales mains. Quoi donc ! Elledevait périr si tôt ! Dans la plupart des hommes les changements se font peu à peu, et la mort les prépare ordinairement à son dernier coup. Madame cependant a passé du matin au soir, ainsi que l'herbe des champs. Le matin, elle fleurissait ; avec quelles grâces, vous le savez : le soir, nous la vîmes séchée (…)! Hélas ! Nous composions son histoire de tout ce qu'on peut imaginer de plusglorieux. Le passé et le présent nous garantissaient l'avenir, et on pouvait tout attendre de tant d’excellentes qualités. Elle allait s'acquérir deux puissants royaumes par des moyens agréables ; toujours douce, toujours paisible autant que généreuse et bienfaisante, son crédit n’y aurait jamais été odieux : on ne l'eût point vue s’attirer la gloire avec une ardeur inquiète et précipitée ; elle l’eût...