L'étude du francais

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Poème guerre
I 103.  Après la bataille   (Victor Hugo)
 
|Mon père, ce héros au sourire si doux, |
|Suivi d'un seul housard qu'il aimait entre tous |
|Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille, |
|Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,|
|  |
|Les champs couverts de morts sur qui tombait la nuit. |
|Il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit, |
|C'était un espagnol de l'armée en déroute |
|Qui se traînait sanglant sur lebord de la route, |
|  |
|Râlant, brisé, livide et mort plus qu'à moitié, |
|Et qui disait : A boire, à boire par pitié ! |
|Mon père ému, tendit à son housard fidèle|
|Une gourde de rhum qui pendait à sa selle, |
|  |
|Et dit : Tiens donne à boire à ce pauvre blessé |
|Tout à coup, au moment où le housard baissé |
|Se penchait vers lui, l'homme une espècede Maure, |
|Saisit un pistolet qu'il étreignait encore, |
|  |
|Et vise au front mon père en criant " Caramba " ! |
|Le coup passa si près que le chapeau tomba |
|Etque le cheval fit un écart en arrière, |
|- Donne-lui quand même à boire, dit mon père. |

(La légende des siècles)
 
II104.  Le dormeur du Val  - (Arthur Rimbaud 1854-1891)
 
|C'est un trou de verdure où chante une rivière |
|Accrochant follement aux herbes des haillons|
|D'argent ; où le soleil de la montagne fière, |
|Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons. |
|  |
|Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, |
|Et la nuque baignant dans lefrais cresson bleu, |
|Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue, |
|Pâle dans son lit vert où la lumière pleut. |
|  |
|Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme |
|Sourirait unenfant malade, il fait un somme : |
|Nature, berce-le chaudement : il a froid. |
|  |
|Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; |
|Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine ||Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. |

(Poésies souvenirs)

IIIBêtise de la guerre

Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
Berceuse du chaos où le néant oscille,
Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
Toute pleine du bruit furieux des clairons,
Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
Hideuse, entraîne l’homme en cette ivrognerie,...