L'absolutisme monarchique

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  • Publié le : 7 mai 2011
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la notion d’Ancien Régime apparaît presque immédiatement après la césure de 1789. C’est dans les derniers mois de 1789 que l’on commence à utiliser cette expression pour désigner ce qu’était la France avant la Révolution. Comme si on avait conscience de la rupture décisive qui venait d’intervenir. La période de l’Ancien Régime ne recouvre pas toute l’histoire de la monarchie. Elle est beaucoupplus brève : cette période va du XVI° au XVIII° siècle. Elle débute avec la fin du Moyen-Âge et le renforcement du pouvoir monarchique, car la compréhension de l’Ancien Régime passe par l’étude du pouvoir monarchique, qui occupe une place centrale. Le pouvoir monarchique est tellement puissant qu’on le qualifie d’absolu, d’où l’expression d’absolutisme monarchique. Cet Ancien Régime organisé autourde cet absolutisme monarchique a connu un âge d’or : c’est le règne de Louis XIV (Roi Soleil) [1643-1715]. Cette apogée fut suivie d’un déclin qui, au milieu du XVIII° siècle va se transformer en véritable crise.

« Absolu » vient du latin absolutus qui signifie « libéré, délivré ». Car le pouvoir du roi s’est délivré de tout obstacle, de toute entrave et c’est pourquoi on l’a qualifié d’absolu.En effet, le roi a d’abord lutté contre le pouvoir des grands seigneurs du Moyen-Âge, qui pouvaient apparaître comme ses rivaux. Pour l’essentiel, à la fon du Moyen-Âge, notamment avec le roi Louis XI, qui meurt en 1484, le roi l’a définitivement emporté sur ces grands seigneurs. Ensuite, le roi s’est libéré du pouvoir de l’Eglise catholique, et plus particulièrement du pouvoir du Pape. LeConcordat, traité international, de Bologne, signé en 1516, entre François 1er et le Pape, faisait du roi le chef de l’Eglise de France ; du moins pour ce qui relevait des affaires temporelles. Enfin, le roi de France a rejeté toute domination étrangère, et plus particulièrement celle de l’Empereur d’Allemagne, avec l’adage « Le roi est empereur en son royaume ». Mais cette pleine puissance du rois’articulait avec une société héritée du Moyen-Âge, société qui ignorait l’individu, qui était constituée de communautés professionnelles ou autres, très attachées à leurs privilèges. Société qui de plus était fortement dominée par l’influence du catholicisme. L’absolutisme monarchique a eu l’ambition de moderniser cette société, de la faire sortir du Moyen-Âge. Mais aussi puissant que fut le roi, il seheurta à des résistances et l’objectif de modernisation ne fut pas véritablement atteint.

PARAGRAPHE 1 : LA TOUTE PUISSANCE DU ROI :

Tout au long de l’Ancien Régime, du XVI° au XVIII° siècle, on affirme que tout pouvoir émane du roi et qu’il tient entre ses mains tous les pouvoirs. Le roi est présenté comme étant de droit divin, et Bossuet (un Evêque proche du roi) dira de lui qu’il est « lelieutenant de Dieu sur la terre », c’est-à-dire le tenant lieu. ? Le roi n’a de compte à rendre à personne, si ce n’est à Dieu et qu’il est responsable seulement devant sa conscience. Mais cette responsabilité devant sa conscience pose diverses questions : le roi se confond-il avec l’Etat ? Et les pouvoirs dont il dispose, a-t-il vraiment les moyens de les rendre effectifs ? Le roi ne peut pasfaire tout tout seul, il s’appuie sur des institutions appelées institutions auxiliaires : contrôle-t-il vraiment ces institutions ?

A. LE ROI, L’ETAT ET SES POUVOIRS :

Dès la fin du Moyen-Âge, les légistes - juristes qui entouraient le roi - affirment avec force que le roi n’est pas le propriétaire de son royaume. Ils écartent ainsi toute conception patrimoniale de la monarchie. Ils affirmentégalement que la royauté est une institution de droit public, et que le roi, si puissant soit-il, doit être considéré comme le titulaire de la plus haute fonction de l’Etat. On prête à Louis XIV la phrase « L’Etat, c’est moi ». Cette phrase est totalement contraire au principes mêmes de la monarchie.

a. Les lois fondamentales ou les lois du royaume :

La monarchie de ce régime n’avait...
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