L'abstention

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  • Publié le : 26 avril 2010
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Introduction :
« Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique ». Tels sont les mots inscrits sur la carte électorale française, que tout citoyen pourrait ou devrait avoir en sa possession. Or, aujourd’hui, on assiste à un phénomène croissant de non-participation électorale : le phénomène dit d’abstentionnisme électoral. On obtient la référence de ce nombre d’électeurs n’ayant pas participéau vote lors d’une élection par la différence entre les inscrits et les votants. L’abstention est de ce fait sous-évaluée. Elle l'est d'autant plus que le taux de non-inscription semble s'être lui-même élevé. Dans les années 1980 en France, on considérait qu'environ 10 % de la population en âge de voter était absente des listes électorales. À en croire les estimations officielles, leur parts'élève maintenant à 15 %. Ainsi, pour les élections municipales de 2001, la participation officielle (par rapport aux inscrits) s'élevait à 67,2 % mais la participation effective, par rapport aux électeurs potentiels, à environ 57 %.

La sociologie du citoyen abstentionniste.
On explique généralement le phénomène de l’abstentionnisme électoral par un manque apparent ou avéré d’intégration del’individu abstentionniste à la société. L’abstentionnisme électoral serait le produit d’une insuffisante intégration politique liée à une faible insertion sociale. Le problème alors soulevé est celui de trouver de bonnes définitions aux termes d’intégration politique et d’insertion sociale. Nous nous attacherons ici à la notion d’insertion sociale : est-elle synonyme d’appartenance à des groupes sociauxprédéterminés ? Fait-elle référence à une certaine acceptation des normes de la société globale ? À une réussite professionnelle ? La notion d’insertion, d’intégration sociale est riche de sens, vaste, et c’est la raison pour laquelle il faut la manier avec précaution. Qu’est-ce que l’intégration sociale ? Quel rapport entretient-elle avec le phénomène d’abstentionnisme électoral ? Comment peut-onexpliquer ce rapport, par éclatement de la bulle qu’est l’intégration sociale, en diverses appartenances ? Si dans une première partie nous nous pencherons sur l’abstentionnisme électoral suivant les degrés d’insertion sociale, et les divers facteurs de celle-ci (âge, catégorie socioprofessionnelle, sexe, milieu rural, urbain, etc.), nous étudierons par la suite la notion d’intégration sociale parrapport à l’abstentionnisme. La situation sociale d’un individu, et, de ce fait, son niveau d’intégration à la société globale ou à un groupe intermédiaire (comme nous le verrons plus tard), dépend de divers éléments, que nous étudierons un par un. Ces appartenances composent la situation sociale d’un individu : l’appartenance « biologique » ou « imposée », l’appartenance socioéconomique,l’appartenance sociogéographique, et enfin l’appartenance religieuse. Il faudra mettre ces composants en relation avec notre sujet.

Commençons par aborder le thème de l’appartenance « biologique » ou « imposée », et son rapport au fait social qu’est l’abstentionnisme électoral en France. L’appartenance précédemment citée peut se diviser en deux facteurs : l’âge, le sexe. L’âge a un réel effet surl’abstentionnisme électoral : si l’on peut remarquer que les jeunes de 18 à 24 ans ne connaissent pas des taux d’abstention très élevés, il faut alors tenir compte du fait que cet âge est synonyme de premier vote. C’est une sorte de « rite de passage » que le jeune citoyen, même s’il ne s’intéresse pas personnellement à la politique ou à la vie de la société, accomplit, afin de se sentir mieux intégré à lasociété globale, ou simplement sous l’impulsion de ses parents. Le vote, même pour les (futurs) abstentionnistes, est un symbole : symbole d’un libre exercice de ses droits individuels ; symbole d’une norme sociale qu’est la participation électorale. À partir de 25 ans cependant, l’abstention devient caractéristique de la participation électorale des jeunes. En réaction à l’angoisse...
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