L'acquisition de la citoyenneté romaine

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  • Publié le : 23 novembre 2009
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Dissertation : L’acquisition de la citoyenneté romaine dans l’Antiquité classique.

« Civis romanus sum ». Telles sont les paroles prononcées par les Romains pour manifester la fierté qu’ils ont d’être citoyen. A travers cette déclaration, les Romains montrent qu’ils sont des hommes libres et qu’ils jouissent, au sein de la cité, des droits et devoirs conférés par leur statut de citoyen.Cette proclamation nous conduit donc à nous interroger sur le concept de la citoyenneté romaine.

Dès lors, afin de mieux appréhender la citoyenneté romaine et comprendre de quelles manières elle s’acquiert, il est utile de définir au préalable la cité et le citoyen. En effet, les notions de « cité », « citoyen » et « citoyenneté » sont indéfectiblement liées, comme nous le confirme d’ailleursl’étymologie de ces notions : le terme « citoyenneté » dérive du mot latin civis qui désigne le citoyen, civis étant lui-même construit d’après la notion de civitas qui signifie cité. La cité antique correspond à un territoire dont les habitants se gouvernent par leurs propres lois ou à une fédération autonome de tribus groupées sous des institutions religieuses et politiques communes. Aristote(384-322) définit la cité comme « la communauté née de plusieurs villages, parfaite, atteignant pour ainsi dire le niveau de l’autarcie complète ». Dans un autre passage de son Politikon, il ajoute que la cité est aussi « une participation commune à un système de gouvernement ». Il ressort donc de ces définitions que la finalité de la cité est essentiellement politique car il s’agit d’une organisationsociale vouée au gouvernement d’une communauté. Il convient alors de nous intéresser aux acteurs de la vie politique de la cité : les citoyens. Le citoyen est l’individu qui jouit du droit de cité ou de la citoyenneté. Le terme « citoyenneté » est un néologisme désignant celui qui détient le statut de citoyen. La citoyenneté peut donc s’analyser comme l’ensemble des droits et devoirs du citoyenenvers sa cité. Dans l’esprit romain, il faut appartenir à une cité pour être considéré comme un être humain. Cette manière de penser est directement héritée des Grecs. Aristote nous le fait très bien comprendre lorsqu’il énonce que « l’homme par nature est destiné à vivre en cité (animal politique) » et que par conséquent « celui qui est sans cité est, par nature et non par hasard, un être dégradéou supérieur à l’homme ». Nous comprenons alors l’intérêt essentiel pour les individus d’acquérir la citoyenneté romaine afin d’être considéré comme un homme au sein de la cité. En effet, le terme « acquisition » a pour étymologie latine acquisitio du verbe acquirere qui signifie « action d’augmenter » ou « ajouter à ce qu’on a ». Dès lors, l’acquisition de la citoyenneté s’analyse comme leprocessus qui permet à un individu d’entrée en possession de la qualité de citoyen.

C’est donc à la lumière de ces considérations que s’éclaircie le concept de la citoyenneté romaine et que se révèle l’importance que revêt les statut juridique de citoyen romain dans l’Antiquité classique, une vaste période qui s’étend sur onze siècles, du VIIIe siècle avant notre ère au IIIe siècle aprèsJésus-Christ. La citoyenneté romaine apparaît effectivement au milieu du VIIIe avant notre ère, la fondation légendaire de Rome par Romulus est datée de –753. Rome est une terre d’asile qui accueille tous les individus désirant s’installer dans la cité, y compris les étrangers, les exilés et les bannis. Dès lors, du fait de son attractivité (à la fin du VIe siècle, la population civique romaine est estiméeà 80 000 hommes), la citoyenneté romaine (civitas), pourtant réservée à l’origine à certains individus privilégiés : les fondateurs de la cité et leurs descendants, a été accordée ou imposée à des populations éloignées de Rome, c’est-à-dire à des étrangers qui n’ont pas la même culture, le même langage, le même droit privé et les mêmes cultes que les Romains, mais qui en revanche partage avec...