L'acte de questionner ouvre-t-il la voie à un art de penser ?

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  • Publié le : 27 mars 2011
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L’acte de questionner ouvre-t-il la voie à un art de penser ?

[Introduction]

Hume : philosophe anglais, dont l’empirisme débouche sur un scepticisme. S’interroger par exemple sur la validité de l’idée de causalité : lien nécessaire entre cause et effet. Cette nécessité est mise profondément en question par Hume, ce qui « réveille Kant de on sommeil dogmatique ». Rien, pour Hume, dans lasuccession des constats opérés ne permet de conclure à un lien nécessaire. Ce n’est que par habitude qu’on peut admettre la causalité de certains phénomènes. A cause de son empirisme, le lien causal n’est que le résultat d’un enchaînement de phénomènes qui pourrait tout fait être différent de ce qu’il est. Ce questionnement, dans sa justesse, va susciter l’interrogation et le mouvement de laphilosophie kantienne. Du point de vue de la sensation, je ne peux que confirmer des enchaînements d’évènements contingents ; je ne peux que décrire. Mais cela n’invalide pas l’idée de causalité qui n’est pas un constat sensible. L’idée de causalité est une idée propre à mon esprit par laquelle je produis intérieurement une connaissance qui n’est pas le résultat d’une expérience, mais qui en est lacondition.

[Bien penser : viser le Vrai, le Bien : usage théorique (que puis-je savoir raison pure) et usage pratique (que dois-je faire raison pratique) de la raison]

I. Toute méthode pour bien penser suppose un questionnement actif et radical

1) Commencement : point de départ temporel, qui est d’une certaine manière amené à être dépassé. Mais l’origine est la source, le fondement d’où naîtla réalité et qui la marque de façon indélébile. Le questionnement ouvre la voie, au sens de ce caractère originaire, cet enracinement de la pensée dans le questionnement, un questionnement actif et radical. Il ouvre la voie au désir de savoir.
a) L’étonnement est cette première source d’étonnement. Il s’agit d’un acte de questionner et non pas de quelque chose qui va de soi : différence entrele questionnement actif et la curiosité passive. Prenons l’exemple du questionnement scientifique : il nous montre que le monde n’est pas étonnant en soi, et que le scientifique est celui qui va contre les opinion. « Plus je fais de science, plus je m’étonne du monde » : le questionnement scientifique ne va pas vraiment de soi. On peut d’emblée poser la différence entre une question curieuse quiamène une réponse courte et exacte, et le questionnement qui suscite des questions en même temps qu’il fournit des réponses. La recherche est un creux qui s’approfondit en permanence. D’où cette opposition entre le dogmatique qui affirme avoir toutes les réponses et qui ne se pose plus de questions, et le chercheur pour qui la connaissance apporte sans cesse de nouveaux questionnements. D’où laspécificité des questions posées, sur des choses qui n’étonnent plus personne, qui dérangent. « Qu’est-ce que le temps ? si personne ne me le demande, je le sais, mais si quelqu’un me le demande, je ne le sais plus. » La philosophie est la chouette qui voit quand tout le monde dort. Un acte de questionner désintéressé : manifestation de la conscience réflexive. Réfléchir dans la gratuité etl’inutilité.
c) deux conditions psychologiques : l’aveu d’ignorance et la capacité à affronter l’inconnu. La question s’oppose d’abord en nous à la volonté de savoir. « Connaître, c’est reconnaître » (Nietzsche). « J’ai des questions à toutes vos réponses. » (Allen). C’est la figure de Socrate qui affirme le mieux cela. Les dialogues aporétiques ou socratiques n’aboutissent pas ; l’essentiel du dialogue estde découvrir que je ne sais pas. L’aveu d’ignorance est le seul but. L’aporie n’est pas un échec mais déjà une réponse. Dans les premiers dialogues de Platon, Socrate essentiellement apparaît. C’est contre la manière de faire des sophistes que Socrate invente ce questionnement personnel à deux ou trois interlocuteurs. L’étonnement est la mise en question par l’examen des ces certitudes.
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