L'affaire dreyfus

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  • Publié le : 26 novembre 2010
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L’affaire Dreyfus

Le régime politique de la France vient d'affronter des crises (le scandale de Panamá en 1892 : antisémitisme). L'affaire Dreyfus se place dans le cadre de l'annexion de l'Alsace et de la Moselle, déchirure qui alimente tous les nationalismes les plus extrêmes. De forte tension dans toutes les couches de la société, attisées par une presse influente et pratiquement libred'écrire et de diffuser n'importe quelle information. La révélation de ce scandale, dans « J'Accuse…! », un article d’Émile Zola en 1898, provoque une succession de crises politiques et sociales uniques en France. Elle divise profondément et durablement les Français en deux camps opposés, dreyfusards et antidreyfusards. Cette affaire est le symbole moderne et universel de l'iniquité au nom de la raisond'État.

Comment une affaire d’espionnage est-elle devenu « l’Affaire » qui a divisé la France et ces conséquences ?

Nous verrons en premier lieu le procès de Dreyfus, de l’affaire d’espionnage au vrai coupable. Puis nous parlerons de la bataille menée par une France divisé et pour fini les conséquences.

I Le procès de Dreyfus

A- L’affaire d’espionnage

Le service de renseignementmilitaire a intercepté en septembre 1894 par un contre-espion un « bordereau » déchirée en six grands morceaux, non signée et non datée adressée à l'attaché militaire allemand en poste à l’ambassade d’Allemagne, Max von Schwarzkoppen. Elle établissait que des documents militaires confidentiels, mais d'importance étaient sur le point d'être transmis à une puissance étrangère. Cette prise semblesuffisamment importante pour que le chef de la « Section de statistiques » en informe le ministre de la Guerre. Il nomme immédiatement deux enquêtes secrètes, l’une administrative et l’autre judiciaire. Pour trouver le coupable, le raisonnement est simple le cercle de recherche est arbitrairement restreint à un suspect en poste ou un ancien collaborateur à l’Etat-major, nécessairement artilleur etofficier stagiaire. Le coupable idéal est identifié : le capitaine Alfred Dreyfus, polytechnicien et artilleur, de confession israélite et alsacien d’origine. Au tout début de l’affaire, on insiste plutôt sur les origines alsaciennes de Dreyfus que sur son appartenance religieuse. Mais l’antisémitisme, qui n’épargne pas les bureaux d’Etat-major, devient rapidement le centre de l’affaired’instruction, remplissant les vides d’une enquête incroyablement sommaire. D'autant que Dreyfus était à ce moment-là le seul officier juif étant passé récemment par l'Etat-major général. Pour confondre Dreyfus, les écritures du bordereau et du capitaine sont comparées. Le commandant du Paty de Clam expertise l’écriture de Dreyfus et celle du « bordereau » du 5 octobre, du Paty conclut d’emblée à l'identitédes deux écritures. Il assure dans un rapport que, malgré quelques dissemblances, les ressemblances sont suffisantes pour justifier une enquête. Dreyfus est donc « l'auteur probable » du bordereau pour l'Etat-major. Mais plusieurs experts ne sont pas d’accord avec le commandant du Paty de Clam.
Le 13 octobre, sans aucune preuve tangible et avec un dossier vide, le général Mercier fait convoquerle capitaine Dreyfus pour une inspection générale, en « tenue bourgeoise », c'est-à-dire en civil. L'objectif de l'Etat-major est de gagner la preuve parfaite en droit français : l'aveu. Cet aveu serait obtenu par effet de surprise, en faisant écrire une lettre inspirée du bordereau au coupable sous la dictée. Le 15 octobre 1894 au matin, le capitaine Dreyfus subit cette épreuve, mais n'avoue rien.Du Paty tente même de lui suggérer le suicide en plaçant un revolver devant Dreyfus, mais l'accusé refuse d'attenter à ses jours, affirmant qu'il « veut vivre afin d'établir son innocence ». L'espoir des militaires est déçu. Du Paty de Clam fait tout de même arrêter le capitaine et l'inculpe d'intelligence avec l'ennemi afin qu'il soit traduit devant un Conseil de guerre. Dreyfus est...
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