L'affaire panama

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  • Publié le : 8 février 2010
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L’Affaire de Panamá

I] Le Canal de Panamá

Le plus grand scandale financier et politique de la IIIème République fut provoqué par la liquidation judiciaire de la Compagnie universelle du canal interocéanique en février 1889.

Ferdinand de Lesseps, qui jouissait d'une popularité immense à la suite du percement du canal de Suez, était à la tête de l'entreprise de Panamá. Contre l'avis destechniciens, il prétendit pouvoir mener à bien les travaux considérables que le climat et le relief rendaient particulièrement aléatoires. Pour financer les travaux, Lesseps s'adressa aux petits épargnants.

 Le canal de Panamá est inauguré officiellement le 15 août 1914 lorsque le vapeur Ancón effectue la première traversée entre l'Atlantique et le Pacifique. Enjeu économique convoité par lesgrandes puissances, le percement de ce canal a fait l'objet de divers projets au XIXe siècle, notamment de la part du Français Ferdinand de Lesseps qui a ouvert le canal de Suez (1869). Mais c'est finalement aux États-Unis que revient la construction de ce lien transocéanique : après avoir appuyé en 1903 la sécession du Panamá, province la plus septentrionale de Colombie, ils négocient avec lenouvel État un traité (le traité Hay-Bunau-Varilla) qui leur accorde l'usage à perpétuité du canal, ainsi qu'une souveraineté totale sur une zone périphérique d'un peu plus de 1 400 kilomètres carrés. Véritable État dans l'État dont la prospérité contraste avec la misère du reste du pays, la Zone du canal et l'exploitation du trafic maritime sont restituées au Panamá le 31 décembre 1999

II]L’origine du Scandale :

Conseillée par des aventuriers de la finance, une vaste campagne de presse largement subventionnée permit de recueillir et de dépenser des sommes considérables. Cachant au public les difficultés grandissantes de l'entreprise, la Compagnie engloutit, de 1880 à 1888, un milliard quatre cents millions de francs de l'époque. Renonçant au percement d'un canal à niveau, Ferdinand deLesseps fit appel à Gustave Eiffel pour construire un canal à écluses. En 1885, il voulut lancer un emprunt sous forme d'obligations à lots pour lequel une loi était nécessaire. En effet, les loteries étant interdites en France, il fallait une loi du Parlement pour l’autoriser. Afin d’obtenir le vote de cette loi, la Compagnie fait remettre des chèques à un certain nombre de parlementaires. Celle-cifut votée en 1888, malgré un rapport défavorable fourni en 1886 par l'ingénieur Rousseau. Baïhaut, Rouvier, Clemenceau et beaucoup d'autres furent accusés d'avoir profité de l'aventure, tandis qu'une campagne d'opinion menée par les partisans de Boulanger empoisonnait l'affaire. Cette emprunt ne permet de couvrir que très partiellement la somme requise.

Ainsi, la Compagnie fut mise enliquidation : 85 000 souscripteurs, petits épargnants pour la plupart, étaient ruinés. Malgré les plaintes, le scandale n'éclata qu'en septembre 1892, lorsqu’Édouard Drumont (Connu pour ses propos antisémites) fit paraître une série d'articles intitulés « Micros » dans la revue antisémite La Libre Parole, sous le titre « Les Dessous de Panamá ». Ainsi, il déclare qu’une part importante des capitaux a étédétourné de son usage normal : le percement du canal et a servi à « arroser un certain nombre de gens pour obtenir le vote de la loi.

Le financier Jacques de Reinach, mis en cause, tenta de contraindre le gouvernement à étouffer l'affaire en livrant à La Libre Parole une liste de personnalités politiques ayant profité des largesses de Lesseps, contre l'assurance que son nom ne serait pasmentionné. Mais il était trop tard. Le ministre de la Justice décida d'intenter des poursuites correctionnelles contre les administrateurs et les intermédiaires. Reinach fut retrouvé mort, Cornélius Herz et Léopold Aaron, dit Arton, s'étaient enfuis à l'étranger. Une commission d'enquête de la Chambre des députés tenta plus ou moins d'apporter un peu d'ordre dans l'énorme bruit que soulevaient les...
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