L'agriculture

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N°27 mai/juin 2006 L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE PEUT-ELLE NOUS NOURRIR TOUS ?

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L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE PEUT-ELLE NOUS NOURRIR TOUS ?
Par Brian Halweil

Les seules personnes qui pensent que l’agriculture biologique peut nourrir le monde sont des hippies à l’imagination délirante, des mères hystériques et des agriculteurs biologiquesarrogants. Vrai ? En réalité, non. Un bon nombre de dirigeants de l’industrie agricole, de scientifiques spécialisés dans l’environnement et dans l’agriculture et d’experts agricoles internationaux pensent qu’une transition à grande échelle vers l’agriculture biologique permettrait non seulement d’augmenter l’approvisionnement alimentaire mondial mais serait peut-être même la seule manière d’éradiquer lafamine. Cela peut paraît surprenant. Après tout, les agriculteurs biologiques rejettent les pesticides, les engrais synthétiques et les autres outils devenus synonymes d’agriculture à haut-rendement. Au lieu de cela, ils dépendent de l’élevage pour avoir du fumier et doivent faire pousser des haricots, du trèfle ou d’autres légumes fixateurs d’azote et fabriquer du compost ou d’autres formesd’engrais qui ne peuvent être produits dans des usines chimiques mais qui doivent être cultivés – et qui consomment donc de la terre, de l’eau et d’autres ressources. (La production d’engrais chimiques nécessite elle des quantités importantes de pétrole.) Dans la mesure où les agriculteurs biologiques s’interdisent l’utilisation de pesticides synthétiques, on peut penser que leurs cultures sont dévoréespar des hordes d’insectes, leurs fruits frappés par la pourriture brune des cabosses et leurs plantes étouffées par les mauvaises herbes. De plus, comme l’agriculture biologique nécessite une rotation des cultures pour aider à contrôler les parasites, on ne peut cultiver aussi souvent dans le même champ du blé du maïs ou tout autre produit. En conséquence, nous dit-on, dans un monde dépendant del’agriculture biologique, on devra cultiver plus de terres qu’aujourd’hui – même si cela signifie moins de pollution, moins d’animaux de ferme maltraités et moins de résidus cancérigènes dans nos légumes. « Nous n’allons pas nourrir 6 milliards d’êtres

humains avec des engrais biologiques » a déclaré Norman Borlaug, phytogénéticien et prix Nobel, lors d’une conférence en 2002. « Si nous essayons de lefaire, nous abattrons la majorité de nos forêts et beaucoup de ces terres ne seront productives que sur une courte période. » Le chimiste de Cambridge John Emsley le dit de manière plus abrupte : « La plus grande catastrophe à laquelle la race humaine pourrait faire face durant ce siècle n’est pas le réchauffement planétaire mais une conversion planétaire à ‘l’agriculture biologique’ – environ 2milliards de personnes en mourraient. » Ces dernières années, l’agriculture biologique a attiré une plus grande attention, pas seulement de la part des critiques qui craignent que son adoption à grande échelle ne conduise des milliards de personnes à la famine, mais aussi de la part des agriculteurs et des agences de développement qui pensent qu’une telle transition pourrait être bénéfique pour lespopulations affamées. Malheureusement, à ce jour, personne n’avait cherché à établir par une analyse systématique si une transition généralisée vers l’agriculture biologique se heurterait au manque de nutriments et à une production insuffisante. Les résultats sont saisissants. HAUTE TECHNOLOGIE, FAIBLES IMPACTS De nombreuses études menées de par le monde montrent en réalité que les fermes biologiquespeuvent produire autant, et dans certains cas beaucoup plus que les fermes conventionnelles. Quand il y a des différences de rendement, elles ont tendance à être plus importantes dans les pays industrialisés, où les agriculteurs utilisent de grandes quantités d’engrais synthétiques et de pesticides dans leurs incessantes tentatives d’augmenter la production. Il est vrai que les agriculteurs...
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