L'albatros

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  • Publié le : 15 décembre 2010
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Texte Bac 19: L'Albatros
de Charles Baudelaire

D'abord critique puis traducteur d'Edgar Allan Poe, Charles Baudelaire fut un Poète maudit du XIXe siècle. Il ne publia qu'une seule œuvre, un recueil de cent poèmes, intitulée « Les fleurs du mal ». L'auteur y met en lumière la dualité entre la violence et la volupté, le bien et le mal, la laideur et la beauté et l'enfer et le ciel. Dès sasortie en 1857, ce recueil fut censuré et condamné pour « outrage à la moral publique et aux bonnes mœurs ». En 1861, parut une nouvelle édition comptant trente cinq poèmes inédits dont l'Albatros. Ce poème, extrait de la partie « Spleen et idéal », comporte quatre quatrains composés d'alexandrins aux rimes croisées. Il répond à une conception classique opposant -comme pour les sonnets de Ronsard-une anecdote suivit d'un enseignement.
Quelle image ce poème donne-t-il de la condition du poète ?
Nous évoquerons le récit de cette vie en mer puis aborderons sa dimension
allégorique.

Soit son souvenir de voyage à la réunion en 1841 ou une réminiscence littérature
de la vie d'équipage décrite par Edgar Allan Poe dans « Les aventures d'Arthur Gordon Pym ». Quoi qu'il en soit ce poème seprésente à la première lecture comme une scène de vie en mer. Le contexte s'impose d'emblée par le champ lexical maritime : (v.1) « les hommes d'équipage »; (v.2) « des mers »; (v.4) « le navire », « les gouffres amers »; (v.6) « l'azur »; (v.14) « la tempête », « l'archer ».; mais aussi par la métonymie au vers 5 : « les planches » représentant le pont du bateau. On peut également remarquer quela progression répond à une structure très nette. Les marins sont peu décris, d'abord par une paraphrase (v.1) « les hommes d'équipage », puis par des pronoms (v.11) « l'un » et (v.12) « l'autre », ce qui renforce le caractère indifférencié de ces hommes. L'auteur les dépeint par leurs actes. Ils ridiculisent l'animal aux vers 11 et 12 : « L'un agace son bec avec un brûle-gueule, » « L'autre mime,en boitant, l'infirme qui volait ! ».
Quant aux oiseaux, ils apparaissent comme tenant le rôle principal même s'ils y jouent un double jeu. Un modèle dans le ciel et un malhabile sur terre. (v.2) « vastes oiseaux des mers »; (v.6) « ces rois de l'azur »; (v.7) « leurs grandes ailes blanches »; (v.6) « maladroits et honteux »; (v.9) « comme il est gauche et veule ». Cette importance estsoulignée d'abord par le titre « L'Albatros », qui est le nom de cette oiseau majestueux. Ensuite par les nombreuse périphrases et adjectifs qualifiant cet animal. (v.2) « vastes oiseaux des mers »; (v.3) « indolents compagnons de voyage »; (v.6) « ces rois de l'azur », « maladroits et honteux »; (v.7) « leurs grandes ailes blanches »; (v.9) « Ce voyageur ailé », « il est gauche et veule »; (v.10) « Lui,naguère si beau, qu'il est comique et laid ! »; (v.12) « l'infirme qui volait ! »; (v.13) « au prince des nuées »; (v.15) « Exilé »; (v.16) « géant ».
En ce qui concerne l'action, elle est dramatisé. On passe du premier quatrain, où les oiseaux sont dans leur élément, le rythme met en valeur leur vol harmonieux. Cet effet de fluidité est d'abord accentuer par l'enjambement des vers un et deux« les hommes d'équipage Prennent des albatros, » puis par l'équilibre entre la Terre, la Mer et l'Air :
Au deuxième quatrain, l'oiseau qui dominait ces trois éléments s'y retrouve piégé par eux. Au vers 6, le terme « ces rois de l'azur » s'oppose aux adjectifs « maladroits et honteux »; ce procédé est répété au vers 7, « leurs grandes ailes blanches » avec « piteusement ». Ensuite l'oxymore du vers 12« l'infirme qui volait » renverse la situation.
Si ces oppositions suscitent la curiosité du lecteur sur la dimension allégorique de cette scène, la dernière strophe grâce à la comparaison : « Le Poète est semblable au prince des nuées », va lui révéler la « clef » de ce poème, le forçant à une relecture.

Quels procédés permettent de dresser un parallèle entre le poète et l’albatros ?...
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