L'alcoolisme de coupeau (texte)

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  • Publié le : 8 février 2010
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Gervaise Macquart, blanchisseuse, est abandonnée par son amant Auguste Lantier. Elle rencontre alors Coupeau, ouvrier zingueur, et l'épouse, rêvant d'une vie familiale simple et paisible. MaisCoupeau, condamné à un repos forcé après un accident de travail, passe son temps dans un modeste débit de boissons, « L'Assommoir »...

C'est que, dans le ménage des Coupeau, le vitriol[1] del'Assommoir commençait à faire aussi son ravage. La blanchisseuse voyait arriver l'heure où son homme prendrait un fouet comme Bijard[2], pour mener la danse. Et le malheur qui la menaçait, la rendaitnaturellement plus sensible encore au malheur de la petite. Oui, Coupeau filait un mauvais coton. L'heure était passée où le cric lui donnait des couleurs. Il ne pouvait plus se taper sur le torse, et crâner,en disant que le sacré chien l'engraissait ; car sa vilaine graisse jaune des premières années avait fondu, et il tournait au sécot[3], il se plombait, avec des tons verts de macchabée pourrissantdans une mare. L'appétit, lui aussi, était rasé. Peu à peu, il n'avait plus eu de goût pour le pain, il en était même arrivé à cracher sur le fricot[4]. On aurait pu lui servir la ratatouille la mieuxaccommodée, son estomac se barrait, ses dents molles refusaient de mâcher. Pour se soutenir, il lui fallait sa chopine d'eau-de-vie par jour ; c'était sa ration, son manger et son boire, la seulenourriture qu'il digérât. Le matin, dès qu'il sautait du lit, il restait un gros quart d'heure plié en deux, toussant et claquant des os, se tenant la tête et lâchant de la pituite[5], quelque chose d’amercomme chicotin[6] qui lui ramonait la gorge. Ça ne manquait jamais, on pouvait apprêter Thomas à l'avance. Il ne retombait d'aplomb sur ses pattes qu'après son premier verre de consolation, un vrairemède dont le feu lui cautérisait les boyaux. Mais, dans la journée, les forces reprenaient. D'abord, il avait senti des chatouilles, des picotements sur la peau, aux pieds et aux mains ; et il...
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