L'amour au moyen age

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  • Publié le : 18 décembre 2010
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Visages Médiévaux de l’Amour.
Corpus : Cansos de Troubadours (XIème-XIIIème siècle). Tristan et Yseult, La Saga Norroise (milieu XIIème) Héloïse et Abélard, Lettres et Vies (vers 1135) Fabliaux du XIIème siècle Chrétien de Troye, Cycle Arthurien (1170-90) Jean de Meun et Guillaume de Lorris, Roman de la Rose (1230-78) Denis de Rougemont, L’Amour et l’Occident (1956) Jacques Roubaud, La FleurInverse (1986) Problématique : Dans le numéro spécial du Courrier International de décembre 1999, on demanda à un certain nombre de penseurs, d’artistes, de scientifiques et d’écrivains quelle était l’invention du millénaire. Et voici ce que répondit en substance l’écrivain américain Joyce Carol Oates: “l’invention du millénaire est, sans l’ombre d’un doute, l’amour tel qu’il a été défini aumoyen-âge et auquel nous devons tant”. Ce à quoi, font échos, nombre de spécialistes du moyen-âge : “l’amour, création du XIIème siècle” (Seignobos), “l’amour est une grande découverte du moyen-âge - et en particulier du XIIème siècle français” et “il faut rendre grâce au XIIème siècle de cette exaltation de l’amour humain” (G. Cohen), “l’amour, cette invention du XIIème siècle.” (R. Pernoud). La force decette affirmation, déclinée et répétée, mérite qu’on aborde cette longue période, de près de dix siècles, sous cette incidence. Nous tenterons donc de circonscrire différents visages de l’amour, au travers de grands textes de cette époque. Ce n’est pas à une théorie en bonne et due forme que nous allons tenter d’aboutir ici; plutôt à la restitution de l’amour dans sa variété, sa richesse et sacomplexité littéraire. Et également la possibilité d’apprécier la validité de la proposition de J. C. Oates. C’est évidemment sur un plan littéraire que cette question nous intéresse - il ne s’agit pas ici d’un cours de sociologie, de philosophie ou d’histoire des idées. Il est toutefois clair que la représentation de l’amour dans la fiction est en lien avec l’époque qui la porte et qu’elle réfracte.Qu’est-ce qui est nouveau au XIIème siècle? Doit-on y lire une inflexion dans la condition ou le statut de la femme - l’amour étant fonction des rapports homme/femme ? Des bouleversements religieux aux retentissements sur la sexualité et l’amour? Ou politiques? De plus, l’hétérogénéité de la société médiévale (coexistence tranchée du monde féodal, du monde paysan et des ordres religieux) nepermet-elle pas de penser qu’il y a plusieurs visions de l’amour puisque plusieurs statuts de la femme, selon les espaces, coexistent? L’amour - et son expression littéraire - étaient déjà bien représentés avant la période médiévale. Que l’on se souvienne seulement d’oeuvres illustres écrites sur ce thème et léguées par l’antiquité : les textes Bibliques (cf. Cantique des Cantiques de Salomon; Genèseet ses couples de patriarches et matriarches), hellénistiques et romains (cf. couples de l’Iliade : Ulysse-Pénélope; Paris-Ménélas; Didon-Énée; les nombreux récits d’amour des Métamorphoses d’Ovide et son fameux Art d’Aimer), ou encore les amours sensuels et envoûtants des Mille et Une Nuits. Alors en quoi peut-on considérer que l’on assiste, au XIIème siècle, à une “réinvention de l’amour”?Combinatoire inédite d’éléments connus? Il s’agirait alors de penser l’amour comme un construction culturelle : au même titre que les civilisations nous ont légué des bâtiments et des constructions architecturales, nous ont été transmises des conceptions de l’amour, des façons de rêver, de dire ou de définir celui-ci. C’est au travers de textes littéraires datant des XIème-XIIIème siècles que noustenterons d’aborder ces questions. Cela nous conduira à suivre le traitement varié de l’amour d’une forme canonique à une autre, de l’inscription dans un genre ou un autre, du registre

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pratiqué à un autre. Mais partons, pour l’heure, sur les traces des troubadours et de leur poésie puisque c’est avec eux que tout démarre, pour ainsi dire... I- Cansos de Troubadours : La fin’amor. -...
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