L'amour et le roman

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  • Publié le : 13 décembre 2010
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L'intégralité du débat avec l'écrivain Nicolas Fargues, lundi 26 mai 2008
- Arturo :  L'amour fait-il vraiment son come-back ? Avait-il déserté l'inspiration ?  
Nicolas Fargues :  Ecoutez, ça me semble être à la fois le thème le plus intemporel, le plus ancien qui ait traversé les arts et la littérature en particulier. Il ne me semble pas qu'il y ait jamais eu d'interruption ! Même en temps deguerre, même en temps de grande disette, on parle d'amour. Je ne pense pas que ce soit le propre d'une certaine période. 
Nicolas : L'amour et le sexe sont omniprésents dans votre œuvre. Les pensez-vous indissociables de votre écriture romanesque ? 
Nicolas Fargues :  En tout cas, ce sont des thèmes récurrents, oui, indissociables, oui aussi. D'un roman à l'autre, j'ai le sentiment de parlertoujours des mêmes thèmes, finalement. Et il est vrai que l'amour et le sexe y sont prépondérants. Donc oui, ils font partie intégrante de mon inspiration. 
N. C. : La réalité de votre vie sous-tend largement les romans que vous écrivez. Craignez-vous, qu'à terme, la source à laquelle vous puisez votre inspiration ne vous cantonne à une autobiographie déguisée ? 
Nicolas Fargues : C'est une bonnequestion. Oui, mais en même temps, je pense pouvoir, sans parler nécessairement de ma vie, m'inspirer des éléments qui traversent ma vie. Je rencontre beaucoup de gens, je voyage beaucoup. Si ma propre vie n'est pas une source d'inspiration inépuisable, les autres et le monde qui m'entourent le sont. Donc je ne redoute pas que la source se tarisse. Parce que ce qui relance l'inspiration, ce n'estpas tant moi-même que moi parmi les autres. 
Midineau :  Ah l'amour... Ne craignez-vous pas d'être étiqueté "écrivain à midinettes", comme Marc Levy ou Guillaume Musso ? 
Nicolas Fargues : Non. On a toujours tendance à vouloir ranger les gens dans un tiroir, et j'accepte cette règle avec tout le côté injuste et injustifié que cela peut avoir. Par ailleurs, je ne connais pas l'œuvre de Marc Levyet de Guillaume Musso, mais j'imagine que s'ils ont des centaines de milliers de lecteurs, c'est que, tout "écrivains à midinettes" qu'ils puissent être, ils ont quand même des choses intéressantes à dire. Donc la seule chose que je puisse faire, c'est renvoyer les gens à mes livres et les inviter à juger par eux-mêmes. 
Nicolas Capt :  Votre roman J'étais derrière toi a remporté un succès quidépasse les normes habituelles du genre auprès du lectorat masculin. A quoi attribuez-vous ce succès auprès de ce lectorat ? 
Nicolas Fargues :  Du fait que j'exprime, je crois, des choses que les hommes en général n'osent pas s'avouer sur eux-mêmes, ou qu'on ne s'avoue qu'entre hommes. Et c'était d'ailleurs tout le projet de ce roman que de dire justement l'inavouable, en termes de culpabilité etde remise en cause de sa propre masculinité. 
PSC :  Pensez-vous décrire, d'une certaine façon, un nouveau comportement amoureux entre hommes et femmes, où les femmes deviennent plus libres, et plus exigeantes ? 
Nicolas Fargues :  C'est peut-être ce qu'il ressort à la lecture de mes livres, mais je n'ai pas pour ambition d'étudier l'évolution des mœurs amoureuses ou du statut de la femme dans lecouple et dans notre société. 
Lilia974 :  L'amour est indéfinissable par nature... Pourquoi un auteur se confronte-t-il à ce sentiment ? Une manière de rivaliser avec les grands noms comme Shakespeare ? 
Nicolas Fargues :  C'est tout simplement qu'avant d'écrire des livres, je suis un homme, et que la préoccupation amoureuse occupe une place prépondérante. Voilà, tout simplement. 
NicolasCapt :  Vos écrits semblent témoigner de la rencontre improbable du style proche de l'oralité et d'un style plus littéraire au sens classique du terme, fortement influencé par le néoromantisme. Est-ce là une démarche consciente ? 
Nicolas Fargues :  Oui, bien sûr. Les livres que j'ai écrits ont chacun leur propre style, même s'ils s'inscrivent dans un même mouvement, dans une même recherche. J'ai...
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