L'angagement lise gauvin

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  • Publié le : 20 mars 2011
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Compte-rendu et approche d’analyse

Le contexte littéraire québécois actuel fait office d’une accréditation soutenue par un corpus littéraire majeur. Ce fait, aujourd’hui entendu par le milieu populaire littéraire, s’illustre particulièrement chez les libraires, tant anglophones que francophones, qui octroient une division majeure de leurs établissements à la littérature dite québécoise.Toutefois, cette pleine reconnaissance est jeune et issue d’importants débats. Dans son ouvrage langagement , Lise Gauvin s’interroge sur cette évolution rapide et prolifique de l’écriture au Québec. Une écriture empreinte d’un profond questionnement d’appartenance à sa propre langue, une recherche de légitimité quasi obsessive ! En étudiant l’éventail de l’héritage littéraire québécois, tous genresconfondus, Gauvin énonce l’hypothèse de la surconscience linguistique propre aux Québécois. Dans cette même optique, nous verrons, dans un premier temps, comment cette hypothèse retrace les piliers de la littérature, mais surtout de la langue québécoise. Dans un second temps, nous nous concentrerons sur certains chapitres clefs qui permettent d’analyser d’un point de vu glottocritique,c’est-à-dire linguistique et langagier, une œuvre de Sabica Senez parue en septembre 2010 aux éditions Léméac : Petite armoire à coutellerie. L’idée sera, dans le cadre d’une évaluation finale au cours de littérature québécoise et ses langues, d’extrapoler les notions illustrées par Gauvin une décennie après la publication de son ouvrage de référence.

Dans son ouvrage théorique sur l’engagement et la languedes écrivains au Québec, Gauvin propose une hypothèse qui souligne l’ampleur de la relation d’amour qui unit les Québécois à leur langue maternelle française. Cet amour intransigeant, puissant, redondant même fait place à un phénomène de condition d’écriture familier aux littératures émergentes : «la surconscience linguistique». Celle-ci se distingue entre autres choses par sa coexistence avecdeux sphères de domination sociale : la suprématie anglophone du début du 20e siècle dans le domaine économique et politique ainsi que l’office français de la langue française. Ces deux joueurs déphasés de la réalité québécoise entraînent un phénomène d’aliénation collective des Québécois qui persistent pourtant encore ! Bref, c’est en survolant le corpus littéraire du Québec que Gauvin «sepropose d’examiner les positions théoriques --- critiques et polémiques --- énoncés par les écrivains que les positions langagières véhiculées par les textes, et tout particulièrement les récits.» Pour se faire, Gauvin établit deux ères de référence créatrice qui indiquent non seulement cette particulière obsession des Québécois pour le débat linguistique, mais aussi toute la richesse du corpus basésur tant d’engagement. Ainsi, Gauvin nomme «tourment littéraire» cette zone d’abondance d’essais, de manifestes, de récits, de théâtre, etc. fondée sur l’utopie, véhiculée depuis Crémazie d’«une langue à soi» ! Pourtant, ce mal qui soulève tant les écrivains les force à user de leur langue, d’en profiter, de la hiérarchiser, de l’assumer pour combattre l’indignation face à la domination culturelleet sociale ! On verra apparaître joual, oralité, québécismes, anglicismes, francisation de l’anglais : le tout à travers un polémique poignante qui illustre bien toute la singularité de ce mouvement général combatif. Lise Gauvin voit donc juste lorsqu’elle établit une forte complémentarité entre
cette fragilité linguistique et l’utilisation de sa richesse pluriculturelle en matière destylistique. Elle nommera donc la seconde partie de son ouvrage en l’honneur de cette envolée créatrice de l’écrivain qui cesse d’avoir peur, qui n’est plus aliéné ! Cette fierté québécoise s’accompagnera d’une attestation globale qui permet, ensuite d’exploiter artistiquement cet «imaginaire des langues.» C’est une toute nouvelle liberté d’expression qui s’amorce.

Si la première partie de...
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