L'ange

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 3 (531 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 26 mars 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Ça c’est passé il y bien longtemps, au fond des âges. Nos montagnes n’étaient habitées que d’animaux sauvages, de forets et de senteurs jetés par d’immenses champs de fleurs aux formes tranquilles. 

Planté comme une flèche sur le dos de la Tarentaise, la vallée de Foran était pourtant bien triste et demeurait dans un profond silence. Les sommets, couverts de neige et de rancœurs, secachaient sans cesse derrière d’épais nuages aux allures mesquines et sombres.

 

Les animaux se terraient dans leur habitat, le vent ne soufflait plus.

 

Inquiété par ce triste et douteux cheminqu’empruntait la création, un ange descendit du ciel. Tout son être scintillait d’une sorte d’armure argent qui ajoutait de la magie à son aspect (). Il vola sur le versant. Son regard sanctifiécaressait jusqu'à la plus petite roche, captait le moindre geste. Puis il se posa face à la montagne comme sur un trône fait de vide et lui demanda d’une voix douce et sure :

- "Montagne? d’où vienttoute cette tristesse"

 

La montagne, dans un vrombissement assourdissant, lui jeta quelques rochers en affirmant qu’une montagne sans torrent n’est pas une vraie montagne. Les animaux ne peuventpas boire, l’orage ne peut pas se déverser, la neige ne peut pas fondre au printemps. Elle poursuivit sa complainte en révélant à l’ange que sa tristesse était tellement forte qu’elle s’était peu àpeu rependue aux alentours. Se propageant dans le cœur de chaque être, dans le creux de chaque pierre, sur la cime de chaque arbre. Tout était devenu silence.

 

L’ange sourit. Un geste vif de samain gauche fit s’élever sous ses pieds des milliers de petites pierres blanches griffées par le temps. Elles se mirent à osciller dans un sifflement strident, obligeant la vallée, le ciel, les animauxet les sommets a se tourner vers lui, apeurés.

 

Sur sa joue se mit à couler quelques larmes d’une couleur bleu si pure que sa contemplation seule procurait l’émotion. Une sorte de bien être....
tracking img