L'argent ne fait pas le bonheur

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  • Publié le : 3 octobre 2010
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L’expression « l’argent ne fait pas le bonheur » est souvent considérée comme une vérité acquise, que l’on interroge difficilement de peur d’être catalogué comme quelqu’un d’intéressé. Le bonheur est un état de bien être permanent, par opposition au plaisir éphémère, auquel l’homme ne pourrait accéder par l’argent, le superflu, qui sont incapables de lui procurer la paix intérieure et quiviennent justement troubler cette paix de l’esprit. Pourtant, alors que son but ultime est sans aucun doute le bonheur, l’homme court souvent après l’argent. Doit-on dissocier de manière radicale l’argent et le bonheur, ou, au contraire, ne peut-on pas redonner une place importante à l’argent dans la recherche du bonheur ?
Nous allons tout d’abord voir que le bonheur semble nécessiter une rupture avecle monde de l’argent. Puis nous verrons que l’argent rend possible le bonheur et y contribue. Et enfin, nous verrons que l’argent apparaît également comme une véritable compensation à l’absence de bonheur.

Le bonheur semble nécessiter une rupture avec le monde de l’argent.
L’argent ne fait pas le bonheur. Il est illusoire de croire que l’argent fait le bonheur. En effet, l’argent permet lapossession de biens matériels et l’accès à des plaisirs. Mais le plaisir permis par l’argent ne coïncide pas avec le bonheur. Alors que le plaisir est éphémère, qu’il ne dure pas, le bonheur se caractérise par une satisfaction durable.
Au-delà du fait que l’argent ne soit pas une condition suffisante au bonheur, l’argent peut même éloigner l’homme du bonheur, lui apporter plus de malheur que debonheur. En effet, l’argent, le superflu, viennent troubler notre paix intérieure. L’argent, qui correspond au monde matériel, éloigne l’homme du monde spirituel. L’attachement à l’argent entraîne un désir immaîtrisable de possession : l’argent suscite ainsi des comportements irrationnels et pathologiques tels que l’avarice et l’avidité. Harpagon, dans L’Avare, de Molière, en est un exemplecaricatural. Tout au long de l’œuvre, il est en perpétuelle agitation, mené par la colère, injuriant, frappant, criant, coupant la parole en permanence. Il ne tient pas en place car il est obsédé par la nécessité de surveiller son argent. Son désir d’argent est tel qu’il néglige ses relations avec les autres. Il semble qu’il attache plus d’importance à son argent qu’à ses propres enfants. Frosine dit ainsi àCléante, le fils d’Harpagon, « Il vous aime, je le sais, mais il aime un peu plus l’argent ». Valère, l’amant d’Elise (fille d’Harpagon), déclare « Le seigneur Harpagon est de tous les humains le moins humain ». Le goût d’Harpagon pour l’argent implique son isolement, il ne sort plus de chez lui de peur qu’on le vole. Finalement, Harpagon n’entretient plus aucune relation humaine et se retrouveen marge de la société.
Pour échapper aux mots engendrés par l’argent, il faudrait adopter le détachement « stoïque », c’est-à-dire qu’il faudrait se détacher de tout ce superflu, du monde de l’argent. C’est l’attitude des moines bouddhistes, pour qui la pauvreté devient valeur et idéal moral, puisqu’elle met à distance les tentations et favorise le salut de l’âme. Cette positionprésentel’avantage de laisser subsister les valeurs positives sur lesquelles fonder le bonheur.
Mais la pauvreté ne doit cependant pas être idéalisé naïvement, car l’argent permet malgré tout de satisfaire ses besoins vitaux et d’échapper à la misère.

L’argent est ce qui rend possible l’épanouissement de l’homme. L’homme, pour être heureux, a besoin d’avoir suffisamment d’argent pour vivre. Pour avoir lapossibilité d’accéder au bonheur, l’homme a besoin d’avoir assez d’argent pour se nourrir, se loger, se vêtir, pour s’intégrer dans la société. Aristote dénonce la thèse selon laquelle le bonheur de l’homme dépend uniquement de sa vertu. Dans l’Etique à Nicomaque, il dit que « Prétendre que l’homme soumis au supplice de la roue, ou accablé de grandes infortunes, est heureux à condition d’être...
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