L'art de convaincre ou de persuader dans les pensées de pascal

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  • Publié le : 6 mars 2010
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Blaise Pascal laissa derrière lui une oeuvre littéraire et philosophique considérable, notamment à travers ses Pensées. Lui qui avait consacré sa vie à Dieu après s'être converti au jansénisme s'était ainsi fixé à travers cet ouvrage de mener les incroyants vers Dieu et la vérité du christiannisme. Afin de parvenir à son but, Pascal avait un plan: il s'agissait dans les premières liasses dedémontrer à l'homme la misère de sa condition sans Dieu, puis de prouver que la félicité est possible auprès de Dieu, etc,. Néanmoins le plan qu'a souhaité suivre l'auteur à ne suffit guère à satisfaire ses ambitions, aussi a-t-il élaboré une méthode précise afin de réussir son entreprise. Il s'agit pour Pascal d'argumenter en touchant à la fois la raison et le coeur de son lecteur. N'oublions pas quePascal était l'un des auteurs majeurs du classicisme dont la devise était "Plaire et instruire". Nous verrons comment le philosophe s'est employé à respecter cette devise afin de mêler l'utile à l'agréable. Dans un premier temps nous étudierons comment se manifeste l'art de convaincre chez Pascal, puis nous verrons que cependant son esprit méthodique et l'argumentation logique qui en découle nediminue en rien l'art de la persuasion auquel excelle l'auteur.

Il ne faut guère oublier que Pascal est avant tout un scientifique. Or le raisonnement scientifique implique par excellence le raisonnement inductif, qui consiste à partir de faits particuliers pour énoncer une vérité générale. Aussi Pascal emploie-t-il des exemples qu'il souhaite parlants afin d'éclairer son raisonnement. Ainsi,lorsqu'il veut illustrer la différence entre l'homme et l'animal saisit-il l'image significative du "bec du perroquet" (fragment 98), qui n'agit que par instinct, contrairement à l'homme doué de la faculté de penser. Le "nez de Cléopâtre" (fragment 392) eut quant à lui changé la face de la terre "s'il eût été plus court". Enfin lorsque Pascal traite des superstitions au fragment 41 s'adresse-t-il aulecteur en lui posant la question suivante: " Qui ne sait que la vue des chats, des rats, l'écrasement d'un charbon, etc., emportent la raison hors des gonds?". On peut distinguer dans ce fragment un deuxième type de raisonnement découlant de la logique: le raisonnement a fortiori, soit "à plus forte raison". Cela signifie que si telle loi se vérifie même dans un cas en apparence peu probable,elle se vérifiera dans des cas plus favorables. Ainsi si "le plus grand philosophe du monde"éprouve le vertige "quoique sa raison le convainque de sa sûreté", tous les hommes qui ne bénéficient pas d'une telle sagesse éprouveront le vertige à leur tour.
Néanmoins le philosophe ne se contente pas du raisonnement inductif ou a fortiori afin de convaincre son lecteur; en effet, il utilise également leraisonnement que Pascal lui-même appelle "le renversement du pour au contre". Ce procédé qui consiste à tirer une idée de son contraire a pour avantage de neutraliser complètement ces deux idées. Prenons le cas des Pyrrhoniens, qui soutiennent que l'homme est misérable. Ils s'opposent clairement à l'idée des Stoïciens, qui soutiennent que de l'homme se dégage une certaine grandeur. Les deuxopinions étant fausses, ou du moins aucune d'elle n'étant entièrement vraie, l'impasse est totale. Cette impasse est recherchée par Pascal car elle lui permet d'affirmer l'absurdité de la condition humaine: puisqu'elle est humainement inexplicable, la seule solution est de croire au christiannisme et aux vérités qu'il apporte à l'homme en quête de vérité.
Les arguments d'autorité font égalementpartie intégrante de l'art de convaincre de Pascal dans les Pensées. Certains prennent la forme de maxime et ont pour objet de surprendre le lecteur par leur formulation ou encore par la paradoxalité de leur contenu, c'est par exemple le cas du fragment 105 qui dit: "La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable; un arbre ne se connaît pas misérable". La thèse de Pascal...
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