L'art de la rome antique.

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  • Publié le : 3 décembre 2010
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Dans ses Pensées sur l'imitation des Grecs dans la peinture et la sculpture, Johann Joachim Winckelmann, célèbre historien de l’art allemand, impose une idée partagée par de nombreux historiens du XIXe siècle: l’art romain n’est qu’une pâle copie de l’art grec. Les grecs ont instauré des standards révolutionnaires que la civilisation décadente romaine n’a fait que spolier. Ce courant de pensée nefait alors que reprendre des théories anciennes formulées par Cicéron ou Pline l’Ancien. Pour ses grands penseurs de l’antiquité la perfection avait été atteinte par le classicisme grec, perfection qui ne pourrait plus être qu’imitée. Les historiens modernes pensaient même réussir à dater les monuments romains en fonction de leur conformité au canon classique. L’Empire romain a laisséd’innombrables vestiges d’architecture, de sculpture et de peinture et aux vues des théories précédemment évoquées, il est difficile d’affirmer que les historiens du XIXe comme ceux de l’antiquité sont justes et objectifs. Pourtant, existe-t-il un art romain? Il est intéressant de se poser la question afin de savoir s’il existe un art romain original ou bien s’il s’est d’abord inspiré des oeuvres des maîtresgrecs avant de s’émanciper tardivement. Les arts imaginatifs hellènes - nous entendons ici la peinture, la sculpture et l’architecture - ont occupé le devant de la scène durant près de 1000 ans, entre le Xe et le Ier siècle avant J.-C. L'art de la Grèce antique à principalement connu trois périodes stylistiques   : la période archaïque, la période classique et la période hellénistique qui reste laplus connue et avec raisons. En effet c’est grâce aux conquêtes d’Alexandre le Grand que ces oeuvres hellénistiques ont pu se répandre à travers un gigantesque empire. C’est pourquoi lorsque Rome commence à sérieusement s’imposer au IIe siècle avant J.-C., elle assimilera beaucoup de traditions grecques ainsi qu’un nombre important de ces produits, notamment artistiques. Cette question fut étudiéepar de nombreux auteurs depuis l’Antiquité comme nous l’avons dit plus haut où des penseurs comme Cicéron, Pline l’Ancien ou encore Plutarque ont exprimé leur avis. Celui d’un art grec parfait et ayant atteint un tel paroxysme qu’il ne pourra plus jamais être surpassé. Pour eux, les Grecs ont instauré des critères esthétiques qui resteront en vigueur pour l’éternité. Aussi, toujours selon lesanciens, les activités artistiques sont indignes des Romains.

Le développement de l’archéologie et la redécouverte de ces idées par les historiens et archéologues du XIXe siècle comme Winckelmann ou Malraux n’ont fait que confirmer ce courant de pensée. Pourquoi penser différemment si les anciens s’avancent avec autant d’assurance et de véhémence? Il existe pourtant déjà des historiens pour penser quel’art ne remplissait pas les mêmes besoins chez les Romains que chez les Grecs ce qui constitue déjà une grosse différence au niveau de la conception du développement de l’art romain. Et c’est ce qu’il faut comprendre afin de répondre à la problématique exposée ci-dessus. Il faudra pourtant attendre le XXe siècle pour voir les historiens contemporains s’attaquer vraiment au problème en apportantun nouveau regard sur le sujet et donc une nouvelle approche. Pour cette recherche nous avons donc décidé de construire un plan qui ne repose pas seulement sur la chronologie mais aussi sur la distinction des genres. Entre le IIe siècle av. J.-C. et le Ie siècle ap. J.-C chaque genre artistique se développe indépendamment des autres et à donc des caractéristiques propres. Il faut pourtant commencerpar analyser le rapport qu’entretenaient Romains et Grecs. Après les guerres puniques, et la prise des villes grecques du sud de l’Italie, de nombreuses oeuvres entrent à Rome avec les vainqueurs. Les aristocrates voient alors un moyen de répandre leurs idéaux dans la lutte qu’ils menaient contre ceux n’appartenant pas à la nobilitas 4. Peu à peu pourtant, les Romains s’affranchissent des...
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