L'aspect baroque dans l'oeuvre de corneille

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 9 (2032 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 5 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Pierre Corneille, né à Rouen le 6 juin 1606 est surtout connu et reconnu pour sa grande pièce classique Le Cid. Il serait intéressant d'étudier ses œuvres antérieures telles que Clitandre, ou encore La Place Royale car Corneille à la particularité d'avoir vécu dans un siècle où le dictat du Classique s'est imposé progressivement. L'unité n'était pas tant respectée dans Mélite que dans dans LaGalerie du palais pourtant lorsqu'il republiera ces œuvres après Le Cid, il ajoutera dans ses examens des justifications pour son non respect des règles classiques, montrant ainsi l'impact qu'à eu ces règles, et surtout la querelle du Cid, sur sa personne. Mais revenons donc à ses premières pièces, comment s'éloignaient elles du classicisme au profit du Baroque ? Les héros Cornéliens sont ils lareprésentation parfaite du héros Baroque ? Pour répondre à ces questions, voyons d'abord comment le Théâtre, lieu où se mêlent constamment illusion et réalité, nourrit l'aspect Baroque des pièces de Corneille. Nous étudierons ensuite les personnages et leurs constants dilemmes, sont ils submergés par l'incertitude ? Enfin, nous chercherons la dimension baroque dans les œuvres de Pierre Corneille.Le théâtre de Corneille se nourrit il de la réalité ou privilège-t-il la vraisemblance ? Les évènements de la Querelle du Cid laissent à croire que Corneille préférait la vérité, aussi horrible soit elle, que la vraisemblance et sa bienséance. C'est d'autant plus vrai dans ses premières œuvres, où il s'éloigne du Sublime classique, cette idée où les héros ne pouvaient s'épanouir que dans dessituations grandiloquentes, pour la vérité, où plutôt un état proche du réel. Corneille place l'action de ses pièces dans des lieux bien connus de ses lecteurs, comme la Galerie du palais ou la Place royale, des lieux qu'ont foulés ses lecteurs. Il parvient même à y retranscrire l'ambiance qui y règne, notamment dans la Galerie du Palais grâce aux scènes des commerçants, ces scènes pouvant passerpour des comptes rendus de la vie mondaine de l'époque. Le non respect de règles classiques permettent également de rapprocher encore plus près du réel. Des personnes réelles se déplacent, vont de magasins en magasins et de maison en maison, tout comme Hipolite et Célidée. L'action se déroule sur plusieurs jours, laissant ainsi les personnages évolués. Il semble plus « vrai » que Célidée et Lisandremettent plusieurs jours à s'aimer, se séparer, se questionner, s'aimer à nouveau, plutôt qu'une seule et unique journée. Leur évolution psychologique gagne ainsi en profondeur. Pourtant même ainsi, le Théâtre n'est pas pour autant la copie de la réalité, mais serait plutôt une sorte de reflet légèrement déformé où s'entremêlent illusion et réalité.
Le paradoxe, notion propice à la pénombrebaroque, règne en maitre sur le Théâtre. Il peut être à la fois vérité et mensonge, rêve et réalité. A l'époque, il était courent d'écrire un rôle pour une actrice ou un acteur reconnu. Connaître ainsi la personnalité de l'acteur aidait à saisir la complexité d'un personnage, une question alors légitime se pose: où s'arrête l'acteur et où commence le personnage ? Où est le réel, et où est le non réel? La réponse pourrait être que sur scène, les deux « persona » cohabitent pour se nourrir l'un l'autre, transformant ainsi l'acteur en un paradoxe vivant. Le décor même où il évolue est lui aussi un alliage de d'illusion et de réalité. Il s'agit bien évidement d'un vrai décor, représentant une boutique, une rue ou un manoir qui n'est bien évidement pas lui même sur scène. Mais pour lesspectateurs, ces décors deviennent la réalité de la pièce, et cette boutique, cette rue ou encore ce manoir deviennent réalité. Le rôle des spectateurs est lui même bien étrange, ils sont la réalité dans le Théâtre : ils sont ceux qui ont payé leurs places, qui s'assoient devant la scène et applaudissent à la fin. Mais ils sont également ces témoins non existant de l'action de la pièce, pour Mélite dans la...
tracking img