L'automne du patriarche

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1720 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 26 mars 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
COMMENT J’AI REUSSI A ME CONTROLER
PAR LE DR BEN CARSON

J’étais en 9ème, quand l’impensable est arrivé. J’ai perdu le contrôle de moi-même et j’ai essayé de poignarder un ami. Bob et moi, nous écoutions la radio, quand il a changé de station. ‘’Tu appelles cela de la musique ?’’, a-t-il demandé. ‘’C’est meilleur que ce que tu aimes’’, lui ai-je crié en tentant de saisir le bouton.‘’Allez, Carson. Tu…’’ A ce moment-là, une colère aveugle – une colère pathologique – prit possession de moi. Saisissant le couteau de camping que j’avais dans ma poche arrière, je l’ouvris d’un coup sec et je m’élançai vers le garçon qui avait été mon ami. Avec toute la force de mes jeunes muscles, je pointai le couteau en direction de son ventre. Le couteau heurta la grosse boucle de sa ceinture avec unetelle force que la lame se brisa et tomba par terre. Je contemplai la lame brisée et me sentis faible. Je l’avais presque tué. J’avais presque tué mon ami. Si la boucle de sa ceinture ne l’avait pas protégé, Bob serait à mes pieds, en train de mourir ou gravement blessé. Il resta silencieux et me regarda simplement, incrédule. ‘’Je… je suis désolé’’, bredouillai-je, en lâchant le manche. J’étaisincapable de le regarder dans les yeux.

Sans un mot, je tournai les talons et je rentrai chez moi en courant. Fort heureusement, la maison était vide, car je n’aurais pas pu supporter de voir quelqu’un. Je courus dans la salle de bain, où je pouvais être seul et je verrouillai la porte. Puis je m’affalai à côté de la baignoire, avec mes longues jambes qui butaient contre l’évier, en travers dulinoléum. J’avais essayé de tuer Bob. J’avais essayé de tuer mon ami. Quelle que soit la force avec laquelle je fermais les yeux, je ne pouvais pas échapper à ces images – ma main, le couteau, la boucle de la ceinture, la lame brisée…et le visage de Bob !

‘’C’est fou !’’, marmonnai-je finalement. ‘’Je dois être fou. Les gens sains d’esprit n’essayent pas de tuer leurs amis.’’ Le rebord de labaignoire laissait une impression de fraîcheur et j’appliquai mes mains sur mon visage brûlant. ‘’Je travaille si bien à l’école, et puis, je fais ceci.’’ Je rêvais d’être médecin, depuis l’âge de 8 ans. Mais comment pourrais-je accomplir mon rêve avec un tempérament aussi terrible ? En colère, je perdais le contrôle et je n’avais aucune idée sur la manière d’y mettre un terme. Je n’arriveraisjamais à rien, si je ne contrôlais pas ma colère. Si seulement je pouvais faire quelque chose à propos de la rage qui couvait en moi.

Deux heures passèrent. Le motif vert et brun onduleux du linoléum tournoyait devant mes yeux. J’avais mal à l’estomac, j’étais dégoûté de moi-même et honteux. ‘’A moins de me débarrasser de cette colère’’, dis-je tout haut, ‘’je n’y arriverai pas. Si Bob n’avait pasporté cette grosse boucle, il serait probablement mort et je serais en route pour la prison ou la maison de redressement.’’
La détresse m’envahit. Ma chemise trempée de sueur me collait au dos. La sueur dégoulinait de mes aisselles sur mes flancs. Je me haïssais, mais je ne pouvais pas m’aider et donc, je me haïssais encore plus. De quelque part, au fond de mon esprit, remonta une forteimpression. Prie. Ma mère m’avait appris à prier. Mes professeurs à l’école religieuse de Boston nous avaient souvent dit que Dieu nous aiderait si nous le Lui demandions, simplement. Depuis des semaines, des mois, j’essayais de contrôler ma colère, en m’imaginant que je pourrais la gérer moi-même. A présent, dans cette petite salle de bain torride, je connaissais la vérité. Je ne pouvais pas gérer macolère, seul.

J’avais l’impression que je ne pourrais jamais plus regarder personne. Comment pourrais-je regarder ma mère dans les yeux ? Le saurait-elle ? Comment pourrais-je revoir Bob ? Comment pourrait-il s’empêcher de me haïr ? Comment pourrait-il encore me faire confiance ? ‘’Seigneur’’, murmurai-je, ‘’Tu dois m’enlever cette colère. Si Tu ne le fais pas, je n’en serai jamais quitte....
tracking img