L'avenir d'une illusion - sigmund freud

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  • Publié le : 4 mai 2010
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Ce texte est un extrait de l’avenir d’une illusion de Sigmund Freud. Il traite question des croyances religieuses. Les monothéistes envisagent l’existence comme un enchainement d’épreuves, de peines et de souffrances insurmontables sans la croyance en un être supérieur et protecteur, omniscient et omnipotent. Ils promettent alors à l’homme des consolations posthumes pour ces épreuves endurées, àcondition que celui ci adhère aux codes imposés par cette religion. Mais cette adhésion ne risque-t-elle pas d’aliéner l’esprit de l’individu? La croyance religieuse est-elle donc une aide ou un obstacle à la réalisation de l’homme ? La thèse de Freud consiste à dire que la fonction consolatrice et rassurante de la religion repose sur son caractère illusoire et qu’elle maintient l’homme dans un «infantilisme » l’empêchant de se réaliser. Autrement dit, selon Freud, devenir homme demande d’accepter une réalité douloureuse et de renoncer à la religion, qui consiste d’après lui en une illusion, c’est à dire une tromperie, une mystification.
On peut relever deux grands moments dans ce texte. Dans le premier, de la ligne 1 à la ligne 7 (« […] pour étourdir celle-ci. »), l’auteur répond ets’oppose à la thèse d’un interlocuteur, selon laquelle l’illusion religieuse est indispensable pour rendre supportable les souffrances humaines. D’après Freud, la croyance religieuse possède une vertu consolatrice uniquement parce que l’homme a été élevé dans un climat propre à l’état infantile depuis sa naissance. C’est pourquoi dans un second moment, de la ligne 7 (« Sans aucun doute […] ») à la fin,Freud montre que la douleur qu’occasionnent la réalité et la vérité ne favorise pas l’illusion, mais qu’au contraire il faut l’affronter dès l’enfance pour pouvoir devenir adulte, et être libre de toutes ces illusions, car elles compromettent gravement toute recherche de vérité et rendent vaine toute prétention au savoir.

Dans un premier temps, Freud ouvre son texte en allant à l’encontre duraisonnement de son interlocuteur. Ce dernier part du caractère douloureux de l’existence humaine, pavée d’insatisfactions, de déceptions, de souffrances (maladie, mort…), et de là il déduit que la croyance religieuse est indispensable à l’homme. Cette croyance est qualifiée d’illusion (ligne 3), parce que, d’un point de vue rationnel, le contenu des dogmes religieux ne relève pas de la vérité etde la raison. Or Freud ne conteste pas cette dimension douloureuse de l’existence (« l’univers hostile », ligne 14): ce qu’il reproche à cet interlocuteur, ce sont les « déductions » (ligne 1) qu’il en tire. Autrement dit, selon Freud, la souffrance de l’homme ne rend pas pour autant la religion indispensable. Si ce entre souffrance et croyance n’est alors pas nécessaire, comment expliquer que lacroyance religieuse perdure malgré l’irrationalité de ses dogmes fondateurs ?

Pour expliquer cette persistance de la croyance religieuse, Freud émet l’hypothèse (« peut-être », ligne 6) que la croyance n’apaise pas le mal associé à l’homme, mais résulte d’une éducation qui rend l’homme malade, et qui l’empoisonne (« poison », ligne 5). A la manière d’une drogue, la croyance religieuse joue à lafois le rôle de maladie, de par l’accoutumance qu’elle provoque, et celui de remède, car elle apaise et apporte satisfaction (« doux et amer », ligne 5). L’interlocuteur attribue à la nature humaine ce qui selon Freud relève de l’histoire collective et individuelle, et qui peut donc être modifié. D’après Freud, une éducation placée sous le signe de la sobriété ne créerait peut-être pas dedépendance ou d’accoutumance à l’illusion religieuse. Elle ne susciterait peut-être pas de névroses, c’est à dire de troubles d’origine psychologique qui n’altèrent pas la lucidité de l’individu (comme par exemple la phobie). La névrose est donc à la fois source de souffrance et source de plaisir, de par la satisfaction qu’elle procure. Dès lors, peut-on concevoir une absence de cette névrose ? En...
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