L'aveu de la pommeraye dans jacques le fataliste. diderot

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  • Publié le : 6 décembre 2010
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Texte n°4: “L’aveu de La Pommeraye” dans Jacques le Fataliste, Diderot

Justification du choix de l’extrait: Après avoir évoqué à travers les personnages d’Emma (Madame Bovary) et de Marianne (Les Lettre portugaises) les portraits de personnages féminins présentés comme “affaiblis” par leur statut de “femmes amoureuses”, il s’agit ici de montrer en quoi “ces faibles femmes”amoureuses (en tout cas en ce qui concerne la Pommeraye) peuvent également être des “âmes fortes” comme la marquise de Merteuil et la marquise de La Pommeraye. L’hôtesse présente d’ailleurs cette dernière comme une femme d’exception: femme noble, veuve d’un premier mari qui ne l’avait pas rendu heureuse et prévenue contre les mvts de la passion. Ce caractère sans concession s’accommode mal del’affaiblissement des sentiments et donc contre une vie de mensonge, elle entreprend de mettre au jour l’inconstance de son amant.

Problématique: En quoi cette scène d’aveu est-elle placée sous le signe de la duplicité?

I)La rhétorique de la scène d’aveu
1)Le pathétique de la scène:
Le registre pathétique
-prend à partie le marquis cf apostrophes “marquis”, interjections “Ah” pr marquer la douleur et ledésespoir
-recours fréquent à la modalité exclamative cf émotions intenses
-lexique de l’affectivité cf “malheur”
-exagération cf hyperboles ex: “affreuse”

2)L’expression de la culpabilité:
a)Elle s’accable or, s’accuser, c’est devancer les accusations de l’auditeur pour en désamorcer la colère.
Le champ lexical de la faute : « inconstante », « légère ».
L’antithèse renforcée par unchiasme met en évidence la culpabilité de l’amie: « Vous êtes le même, mais votre amie est changée. »
La répétition comme insistance de la culpabilité : « moi, moi ».
La phrase exclamative exprime l’émotion née du caractère scandaleux de la faute: « inconstante, légère ! »
b)Elle se soumet et recherche la punition
L’injonction au service de la soumission : « ne m’épargnez-pas », « dites-les-moi. »Le champ lexical de la soumission : « je les écoute avec résignation parce que je les mérite », « je suis prête à les accepter tous. »
L’expression du haut degré au service de l’exagération : « entrez en fureur, cherchez les noms les plus odieux. »
La répétition au service de l’exagération : « je me les suis donnés d’avance, donnez-les-moi. »
Reconnaître ses fautes et en accepter la punition,c’est accéder au pardon.

3)Un personnage troublé
Les gestes, les revirements, les répétitions, les silences sont la marque d’un trouble psychique, d’un égarement de la raison dus à une violente émotion, en l’occurrence délivrée par la culpabilité.
a)La gestuelle de la honte. Au début du passage, Mme de La Pommeraye « se couvrit les yeux, pencha la tête » : l’attitude correspond àl’expression physique de la honte ; pour clore le passage « Mme de La Pommeraye se renversa sur son fauteuil et se mit à pleurer » : l’abandon à la honte, une marque de spontanéité, éloignée de tout calcul. Ces marques, prises pour vraies, excitent la compassion de l’auditeur.
b)Les revirements : « épargnez-moi… Non, ne m’épargnez pas. »
c)Les répétitions : « je me les suis donnés d’avance, donnez-les-moi »; « épargnez-moi… Non, ne m’épargnez pas » et « vous m’épargnerez »
d)L’aposiopèse: il s’agit d’une figure qui marque l’interruption totale d’un propos. La phrase reste suspendue. Elle est ici la marque d’une émotion vive, trahit la réticence du personnage à dire clairement sa culpabilité au nom de la honte et se trouve figurée par les points de suspension : « il est vrai… oui, je suis… ».Question: Cette argumentation vous semble-t-elle efficace?
“Pathos” est aussi un terme de rhétorique, correspondant aux émotions que celui qui parle doit susciter chez son auditeur, dont il doit connaître la psychologie.
Le pathos est une des clés de la persuasion, à laquelle tend tout discours. Fine psychologue et connaissant parfaitement le marquis, Mme de La Pommeraye manie efficacement...
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